Jack Lang : sa réticence face à Jeffrey Epstein interpelle
Jack Lang se retrouve de nouveau au centre d’un tourbillon médiatique lié aux révélations autour de Jeffrey Epstein : son nom apparaît à 673 reprises dans des documents judiciaires américains, des perquisitions ont été menées à l’Institut du monde arabe (IMA) et l’association AC !! Anticorruption a déposé une nouvelle plainte ciblant ses liens présumés avec le financier ainsi que sa gestion de l’IMA. Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête le 6 février pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée », confiée à l’Office national anti-fraude.

Jack Lang se retrouve de nouveau au centre d’un tourbillon médiatique lié aux révélations autour de Jeffrey Epstein : son nom apparaît à 673 reprises dans des documents judiciaires américains, des perquisitions ont été menées à l’Institut du monde arabe (IMA) et l’association AC !! Anticorruption a déposé une nouvelle plainte ciblant ses liens présumés avec le financier ainsi que sa gestion de l’IMA. Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête le 6 février pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée », confiée à l’Office national anti-fraude.
La plainte déposée le 17 février par AC !!, qui coïncide avec l’élection d’Anne‑Claire Legendre à la présidence de l’IMA, élargit les chefs d’accusation déjà évoqués au début du mois : fraude fiscale, blanchiment, défaut de déclaration de comptes à l’étranger. Les nouveaux éléments cités par l’association incluent désormais des soupçons de détournement de fonds publics, d’irrégularités dans les marchés publics et d’usage de faux. Marcel Claude, président d’AC !!, affirme que quatre courriels transmis par des lanceurs d’alerte constituent des éléments nouveaux tirés des fichiers judiciaires américains.
Ces échanges, selon l’association, évoquent une société offshore domiciliée dans les îles Vierges américaines et des flux financiers qui posent question. Le parquet financier a été saisi et l’enquête confiée à des services spécialisés dans la lutte contre la fraude et le blanchiment. À ce stade, il n’y a pas de mise en examen formelle rendue publique concernant l’ancien ministre.
Société offshore, virements et voyages partagés : les éléments cités dans les fichiers Epstein
Les fichiers américains consultés par des médias et transmis aux autorités mentionnent des correspondances entre Jeffrey Epstein et des membres de la famille Lang. Selon ces documents, des sommes sont évoquées dans des échanges entre Epstein et Caroline Lang, fille de Jack Lang. Un courriel de l’homme d’affaires évoque deux virements de 50 000 euros et ajoute, le 10 décembre 2012, « Nous enverrons le reste des 100 000 cette semaine », dans le cadre d’un projet culturel. Caroline Lang a assuré début février que ces montants n’avaient jamais été versés.
Des perquisitions ont été menées à l’IMA dans le cadre des investigations. L’ancien ministre, âgé de 86 ans, et sa fille sont visés par ces investigations, selon les sources rendues publiques. Certains proches, mentionnés comme étant sous protection policière, n’auraient pas été en mesure de fournir davantage de précisions aux enquêteurs ou aux journalistes.
Un autre passage des fichiers attire l’attention : en avril 2017, un Gulfstream IV aurait décollé du Bourget à destination de Marrakech avec Jack et Monique Lang à bord, aux côtés de Jeffrey Epstein. Dans un remerciement adressé au financier, l’ancien ministre parle de « l’avion incroyable et sa générosité extraordinaire ». Quelques jours plus tôt, Epstein note dans un courriel : « Ton père semble très nerveux à l’idée de voler avec moi. Peut-être qu’il est inquiet à cause d’une mauvaise publicité. Je n’y avais jamais pensé… Il a peut‑être raison. »
Caroline Lang répondait alors pour rassurer, écrivant « Non !!!!! Bien sûr que non. Il est toujours stressé lorsqu’il voyage ». Interrogé par l’AFP, Jack Lang a déclaré être « totalement serein, confiant » et a affirmé avoir « été tombé des nues » en découvrant les crimes d’Epstein, ajoutant : « Quand je noue un rapport de sympathie, je n’ai pas l’habitude de demander à mon interlocuteur son casier judiciaire. Je fais confiance. »



