Iran : les pays du Golfe ne seront plus un bouclier pour Washington, avertit Mojtaba Khamenei

Mojtaba Khamenei a affirmé que les pays du Golfe ne pourront plus servir de « bouclier » aux bases américaines, dans un message diffusé par la télévision d’État iranienne à l’occasion du Hadj. Cette déclaration intervient dans un climat de forte tension entre Téhéran et Washington, au lendemain de frappes américaines près de Bandar Abbas et alors que les deux parties poursuivent en parallèle des discussions diplomatiques.

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Iran : les pays du Golfe ne seront plus un bouclier pour Washington, avertit Mojtaba Khamenei
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Dans un message diffusé mardi 26 mai par la télévision d’État iranienne à l’occasion du pèlerinage du Hadj, le guide suprême Mojtaba Khamenei a affirmé que les pays et territoires de la région ne serviront plus de « bouclier aux bases américaines », dans un texte lu par un présentateur — le guide suprême n’a pas été vu en public depuis sa prise de fonction début mars. La déclaration est intervenue le lendemain d’opérations américaines contre des sites de missiles iraniens près de Bandar Abbas et alors que Washington et Téhéran affirment parallèlement être proches d’un accord.

Selon l’agence officielle iranienne IRNA, le texte de Khamenei proclame : « Le temps ne s’arrêtera pas et les nations et les terres de la région ne serviront plus de bouclier aux bases américaines. Elles ne seront plus un refuge sûr pour le mal et ne pourront plus accueillir de bases militaires dans la région. » La déclaration précise également : « Il est certain qu’il n’y aura pas de retour en arrière. » Le guide suprême a réaffirmé que les slogans « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël » resteraient « les cris de ralliement du monde islamique, en particulier chez les jeunes ».

Le même jour, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (Pasdaran) a annoncé avoir abattu un drone américain MQ-9 Reaper après avoir détecté un « aéronef hostile » dans l’espace aérien iranien, selon LaPresse/IRNA. Washington n’avait pas confirmé cette information au moment de la publication.

Des frappes américaines la veille à Bandar Abbas

Lundi 25 mai, le Commandement central américain (CENTCOM) avait annoncé avoir frappé des sites de lancement de missiles et des embarcations iraniennes qui tentaient de poser des mines près du port de Bandar Abbas, stratégiquement situé à l’entrée du détroit d’Ormuz. Ces frappes avaient « été menées pour défendre les troupes américaines contre des menaces iraniennes », selon le porte-parole du CENTCOM Tim Hawkins, qui a ajouté que Washington avait fait preuve de « retenue dans le cadre du cessez-le-feu ». L’Iran avait qualifié les opérations américaines d’« agression » et prévenu que « de nouvelles attaques entraîneront une riposte sévère, qui s’étendra au-delà de la région », selon le ministère iranien des Affaires étrangères.

Dans la nuit du 25 au 26 mai, plusieurs explosions ont été entendues dans la région de Bandar Abbas et dans le golfe Persique, notamment près de Sirik et Jask, selon l’agence semi-officielle iranienne Fars.

Les deux parties maintiennent simultanément des contacts diplomatiques. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a déclaré mardi que le détroit d’Ormuz rouvrirait « d’une manière ou d’une autre » et que la conclusion d’un accord avec Téhéran restait possible. Une délégation iranienne s’était rendue lundi à Doha, au Qatar, pour des discussions avec des intermédiaires, selon des sources diplomatiques concordantes. Téhéran avait indiqué la semaine précédente qu’un accord « n’était pas imminent » et que tout règlement devrait inclure la fin des opérations militaires.

Le profil du nouveau guide suprême

Mojtaba Khamenei, âgé de 56 ans, a été désigné guide suprême le 8 mars 2026 par l’Assemblée des experts, après la mort de son père Ali Khamenei, tué le 28 février lors de frappes conjointes américano-israéliennes sur Téhéran. Sa femme a également péri dans ces frappes. Selon le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, qui s’était exprimé le 13 mars, Mojtaba Khamenei aurait été blessé et peut-être défiguré lors des premières frappes — ce qui expliquerait pourquoi toutes ses déclarations depuis le début de son mandat ont été lues par des présentateurs de la télévision d’État, sans apparition physique du guide suprême.

Sa première déclaration, le 12 mars, avait fixé les grandes lignes de sa ligne : maintien de la fermeture du détroit d’Ormuz, attaques contre les bases américaines dans la région, et appel aux pays voisins à en expulser les forces américaines ou à en subir les conséquences. Depuis le 28 février, l’Iran a tiré plus de 3 000 drones et missiles en direction des monarchies du Golfe — Arabie Saoudite, Qatar et Émirats arabes unis — qui abritent des bases militaires américaines importantes, dont la base aérienne d’Al-Udeid au Qatar, le plus grand centre de commandement de l’US Air Force dans la région.

La déclaration du 26 mai, diffusée à l’occasion du Hadj — pèlerinage dont le lieu saint est en territoire saoudien —, est adressée implicitement aux pays arabes qui tolèrent ou accueillent la présence militaire américaine. Elle intervient dans un contexte où ces mêmes monarchies ont fait part de leur mécontentement face à la transformation de leur région en champ de bataille, après des mois de missiles et de drones.

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