Iran : confusion autour d’une possible démission du président Massoud Pezeshkian

Massoud Pezeshkian aurait remis une lettre de démission au bureau du guide suprême Mojtaba Khamenei, selon Iran International, en dénonçant la mainmise d’une faction dure des Gardiens de la révolution sur les décisions de l’État. La présidence iranienne a aussitôt démenti, qualifiant l’information de fabrication liée au Mossad, dans un contexte de guerre ouverte, de contrôle strict de l’information et de fortes tensions internes à Téhéran.

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Politique
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Iran : confusion autour d’une possible démission du président Massoud Pezeshkian
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Le président iranien Massoud Pezeshkian a remis une lettre de démission au bureau du guide suprême Mojtaba Khamenei, dans laquelle il dénonce la mise à l’écart du président et du gouvernement des processus décisionnels clés au profit d’une faction dure au sein des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), selon le média en langue persane Iran International, basé à Londres, qui cite un responsable anonyme. La présidence iranienne a formellement démenti cette information dans les heures suivantes, la qualifiant d’opération d’intoxication liée au Mossad.

Selon Iran International, la lettre de Pezeshkian indiquait que « le président et le gouvernement ont été exclus des processus décisionnels nationaux clés » et qu’un « groupe durci au sein du CGRI a comblé le vide de pouvoir ». Pezeshkian y écrivait, selon cette source : « Dans ces conditions, je ne peux pas diriger le gouvernement ni assumer mes responsabilités légales – je démissionne donc immédiatement. » Iran International précisait ne pas avoir pu confirmer si Mojtaba Khamenei avait accepté la démission.

La réponse officielle est venue rapidement. Mehdi Tabatabaei, chargé de la communication au sein du bureau présidentiel, a publié sur X : « Le président Pezeshkian ne renoncera pas à servir le peuple, tout comme la nation iranienne ne déviera pas de la voie de la solidarité et de la résistance. » L’agence semi-officielle Tasnim, citant un responsable gouvernemental, a affirmé que « le président n’a pas démissionné et était pleinement à ses obligations ce jour, son agenda se poursuivant normalement ». La présidence a qualifié la publication d’Iran International de « fabrication liée au Mossad ».

Un contexte de tension interne documenté depuis le 28 février

La configuration décrite dans la lettre alléguée – marginalisation du gouvernement civil par les CGRI – n’est pas sans précédent factuel. Depuis la mort d’Ali Khamenei lors des frappes aéroiennes conjointes israélo-américaines du 28 février 2026, Pezeshkian avait fait partie d’un triumvirat de direction intérimaire chargé d’assurer la transition jusqu’à l’élection de Mojtaba Khamenei comme guide suprême le 8 mars. Dans ce vide institutionnel de huit jours, les CGRI avaient renforcé leur présence opérationnelle et leur contrôle sur les dossiers militaires et sécuritaires. Pezeshkian, réformiste élu en juillet 2024 sur un programme d’ouverture à l’Occident, représentait la ligne la plus modérée d’un système confronté depuis le 28 février à une guerre ouverte avec Israël et les États-Unis.

Iran International, média de langue persane fondé en 2017 à Londres avec des liens documentés avec des milieux d’opposition à la République islamique, est régulièrement mis en avant par Téhéran comme instrument de propagande hostile. Cette caractérisation est contestée par le média lui-même, qui se présente comme un organe d’information indépendant. Ses informations sur des crises intérieures iraniennes ont parfois été confirmées a posteriori, mais elles ont aussi été démenties sans suite visible, ce qui impose une lecture prudente.

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