Guinée : réseaux sociaux coupés après un clash d’influenceuses devenu viral
Une brouille entre deux personnalités très suivies sur les réseaux sociaux a déclenché une vaste coupure numérique en Guinée. Depuis le mercredi 15 avril 2026, l’accès à Facebook, Messenger, TikTok et YouTube est bloqué sur le territoire, obligeant nombre d’internautes à recourir à des VPN pour garder le contact en ligne.

La source du mouvement remonte à une série de vidéos où la chanteuse Yama Sega et l’influenceuse Maya La Solution se sont mutuellement insultées et s’accusent publiquement de comportements indécents. Ce conflit s’est rapidement propagé sur les plateformes, suscitant polarisation et réactions avant d’être interrompu par la restriction d’accès aux principaux services concernés.
La rupture de service provoque une forte émotion car ces réseaux ne servent pas qu’à échanger des contenus, ils constituent aussi des canaux essentiels pour des activités professionnelles et des revenus pour beaucoup de Guinéens. Des acteurs de la société civile ont dénoncé une atteinte au droit à l’information et à la liberté d’expression, estimant la mesure disproportionnée.
Plusieurs observateurs ont fait le lien avec l’affaire du groupe Sagatala et du rappeur Opinel, condamnés en février 2026 pour des propos jugés injurieux et attentatoires aux bonnes mœurs, soulignant un contexte national tendu autour du contrôle des discours publics.
Appels pour une remise en ligne sans délai
Le parquet de Conakry a publié, le même jour, un communiqué rappelant l’interdiction des injures et de la promotion d’actes illicites, sans toutefois citer explicitement les protagonistes du différend. Suite à ces événements, les deux personnalités ont présenté des excuses publiques « au peuple de Guinée » pour leurs propos.
L’Association des blogueurs de Guinée (Ablogui) a demandé la levée immédiate des restrictions, arguant que couper l’accès aux plateformes prive les citoyens d’un espace d’expression et porte atteinte aux libertés fondamentales.
Quant à l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT), chargée du dossier numérique, elle n’a pas fourni d’explication officielle sur les raisons précises de cette interruption ni sur sa durée prévisible, laissant les utilisateurs dans l’incertitude.
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