Ghana : une usine d’eau à l’arrêt laisse l’État face à 235 millions $

Ghana Water Limited a été condamnée à verser 235 millions de dollars à la société qui exploite l’usine de dessalement de Teshie-Nungua, dans le Grand Accra. Deux sentences arbitrales définitives ont été rendues le 17 septembre 2026, tandis que la République du Ghana est également tenue de garantir le paiement au titre de son engagement souverain.

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Le montant, calculé net d’impôts, correspond aux indemnités dues après la rupture du contrat d’achat d’eau. Des intérêts courent depuis le 1er avril jusqu’au paiement effectif. Les arbitres ont aussi rejeté l’essentiel des demandes reconventionnelles de Ghana Water, dont une réclamation de 144,5 millions de dollars, et lui ont imposé une partie des frais juridiques.

L’addition dépasse largement le coût initial de l’infrastructure. Mise en service en avril 2015 pour environ 125 millions de dollars, l’usine devait produire 60 000 mètres cubes d’eau potable par jour et desservir jusqu’à 500 000 personnes à Teshie, Nungua, Spintex, Baatsona, Sakumono et dans une partie de La. Ghana Water l’a arrêtée en octobre 2025 en raison de différends contractuels et de problèmes de maintenance.

Depuis cette fermeture, l’approvisionnement reste rationné dans plusieurs quartiers de l’est d’Accra. Des ménages se tournent vers les camions-citernes et les forages. Une commerçante et mère de trois enfants a expliqué à JoyNews dépenser plus de 300 cedis par semaine pour acheter de l’eau, tandis que des écoles et des centres de santé ont reçu des forages mécanisés.

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Le rapport 2024 du ministère ghanéen des Finances éclaire le déséquilibre du contrat avant l’arrêt. L’usine avait fourni en moyenne 43 009 mètres cubes par jour, contre 60 000 prévus. Sur 16,93 millions de dollars facturés cette année-là, 14,94 millions correspondaient aux charges de capacité. Le soutien public versé entre 2020 et 2024 atteignait déjà 57,38 millions de dollars.

Le président John Mahama avait chargé en février le ministère des Finances, l’Attorney-General et Ghana Water de négocier avec les actionnaires pour remettre l’usine en service. Cox Infrastructure Group, qui détient 95 % de la société de projet, indique que les discussions en vue d’un règlement amiable se poursuivent. Les sentences restent définitives et contraignantes, sous réserve des recours limités prévus aux sièges des arbitrages.

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