Ghana : création d’un conseil budgétaire pour s’affranchir des emprunts du FMI
Le gouvernement du Ghana a annoncé la création d’un conseil budgétaire indépendant destiné à renforcer la discipline fiscale et à préparer la sortie « avec dignité » du programme du Fonds monétaire international (FMI), a indiqué Thomas Nyarko, adjoint au ministre des Finances, le 16 février. Cette décision intervient alors que les autorités mettent en avant des indicateurs macroéconomiques jugés en nette amélioration.

Le gouvernement du Ghana a annoncé la création d’un conseil budgétaire indépendant destiné à renforcer la discipline fiscale et à préparer la sortie « avec dignité » du programme du Fonds monétaire international (FMI), a indiqué Thomas Nyarko, adjoint au ministre des Finances, le 16 février. Cette décision intervient alors que les autorités mettent en avant des indicateurs macroéconomiques jugés en nette amélioration.
Les chiffres cités par l’exécutif traduisent un redressement extérieur significatif : à la mi-2025, le Ghana affichait un excédent courant équivalant à 3 % du produit intérieur brut (PIB). Les réserves de change ont atteint environ 9 milliards de dollars à la fin octobre 2025, soit 4 986,6 milliards de FCFA, couvrant près de 3,5 mois d’importations selon les mêmes sources.
La monnaie nationale a connu une performance remarquable en 2025 : le cedi s’est apprécié de 36 % face au dollar sur l’année, une progression présentée par les autorités comme la meilleure au niveau mondial pour une devise nationale. Ces évolutions monétaires ont coïncidé avec un retour de l’inflation à 3,8 % en janvier, après des pics supérieurs à 50 % en 2022 (50,3 % en novembre 2022).
Fonctions, enjeux et signal aux marchés
Le conseil budgétaire indépendant annoncé doit, selon le gouvernement, exercer plusieurs missions : contrôler la trajectoire des finances publiques, évaluer la pertinence des hypothèses macroéconomiques retenues par l’exécutif et vérifier la soutenabilité de la dette publique. Les autorités précisent que cette instance s’inspirera de normes internationales visant à renforcer la transparence et la crédibilité des prévisions budgétaires.
Parmi les objectifs avancés par Thomas Nyarko figure l’envoi d’un signal de pérennité des réformes budgétaires aux investisseurs internationaux. Des acteurs extérieurs, dont des partenaires et investisseurs européens, surveillent de près la mise en œuvre des garde-fous institutionnels : la France est citée avec des engagements financiers estimés à environ 2,5 milliards d’euros au Ghana.
Le redressement extérieur mis en avant par Accra repose largement sur les recettes d’exportation d’or. Selon les données évoquées par les autorités, l’or représenterait 67 % des exportations totales du pays, et la hausse des cours mondiaux a contribué à l’amélioration de la balance des paiements et au soutien de la monnaie nationale.
Les documents gouvernementaux et les déclarations publiques insistent également sur la nécessité d’une gestion budgétaire rigoureuse et d’une supervision indépendante pour consolider la confiance des marchés. Le calendrier précis de la mise en place du conseil, sa composition et son degré d’autonomie administrative et financière restent à définir par décret, selon les services du ministère des Finances.
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