Gabon: Libreville instaure un estampillage QR des lingots pour tracer et sécuriser la filière aurifère

La coopération minière nouée entre Libreville et Abu Dhabi passe de l’accord diplomatique à la mise en oeuvre opérationnelle : lors d’une visite à Libreville, le ministre émirati du Commerce extérieur, Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, a rencontré son homologue gabonais, Sosthène Nguema Nguema, pour définir les modalités concrètes d’une structuration de la filière aurifère axée sur la traçabilité et la formalisation des circuits.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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Economie
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Gabon: Libreville instaure un estampillage QR des lingots pour tracer et sécuriser la filière aurifère
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La coopération minière nouée entre Libreville et Abu Dhabi passe de l’accord diplomatique à la mise en oeuvre opérationnelle : lors d’une visite à Libreville, le ministre émirati du Commerce extérieur, Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi, a rencontré son homologue gabonais, Sosthène Nguema Nguema, pour définir les modalités concrètes d’une structuration de la filière aurifère axée sur la traçabilité et la formalisation des circuits.

Les entretiens font suite aux accords paraphés à Abu Dhabi par le président gabonais. Les délégations ont évoqué la transformation des protocoles signés en mesures techniques et administratives : partage du cadastre minier, identification des zones à fort potentiel et constitution d’équipes mixtes pour piloter la mise en oeuvre. Les autorités gabonaises ont fait état des lacunes actuelles, en particulier dans l’or alluvionnaire, où l’exploitation artisanale et semi-mécanisée échappe souvent aux contrôles et alimente des circuits parallèles non fiscalisés.

Face à ces dysfonctionnements, Libreville et Abu Dhabi affichent un objectif commun de sécurisation des volumes et d’augmentation des recettes publiques par la formalisation. Les partenaires émiratis se positionnent sur l’or primaire et sur les gisements alluvionnaires sous-exploités, avec une approche technique destinée à limiter les pertes liées aux filières informelles.

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Traçabilité, réforme de l’orpaillage et calendrier d’exécution

Au centre du dispositif proposé figure la mise en place d’un système d’estampillage des lingots intégrant un code QR. Ce marquage numérique doit permettre l’identification de l’origine du métal, la constitution d’une chaîne de custodie et le suivi de la commercialisation via une base de données consultable par les autorités compétentes. Selon les responsables, l’objectif est de réduire les fuites, d’améliorer la collecte des droits et taxes et de restaurer la fiabilité des volumes déclarés sur le marché formel.

La réforme de l’orpaillage artisanal est présentée comme un chantier complémentaire. Le modèle actuel, fondé sur des cartes individuelles, est jugé insuffisant pour contrôler efficacement les exploitants et garantir la traçabilité. Les autorités gabonaises proposent une évolution vers des structures coopératives, placées sous la surveillance renforcée de l’administration minière et en partenariat avec des opérateurs privés. Ce basculement viserait à faciliter la supervision, l’accès aux équipements et la traçabilité des productions.

Sur le plan opérationnel, les équipes techniques gabonaises et émiraties doivent désormais désigner les zones prioritaires d’intervention, définir un calendrier d’exécution et préciser les responsabilités respectives en matière de contrôle et de commercialisation. Les discussions incluent également des volets relatifs à la sécurisation des sites, à la lutte contre les circuits illicites et à la promotion d’investissements pour l’exploitation des gisements encore non exploités.

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La Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) anticipe que les exportations d’or de la zone CEMAC, pilotées par le Gabon, pourraient atteindre 5,5 tonnes en 2025, soit une hausse de 100 %

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