Flotte, hub, réseau : Ethiopian Airlines veut passer à l’offensive dans le fret mondial
Ethiopian Airlines négocie l’achat de 8 à 10 avions-cargos long-courriers auprès de Boeing, dont deux Boeing 777F de génération actuelle et six à huit Boeing 777-8F de nouvelle génération, selon deux sources industrielles citées par Reuters le 2 septembre 2026. L’accord, encore en discussion, pourrait faire l’objet d’ajustements de dernière minute avant sa finalisation.

Sollicités par l’agence de presse, ni Boeing ni Ethiopian Airlines n’ont souhaité commenter immédiatement ces négociations. L’opération s’inscrit dans la stratégie de la compagnie éthiopienne, déjà le premier transporteur cargo d’Afrique, pour ériger Addis-Abeba en hub majeur du fret aérien sur les corridors reliant l’Asie, l’Europe et l’Afrique, face à la concurrence des compagnies du Golfe.
Le calendrier de cette commande est en partie dicté par les contraintes réglementaires pesant sur Boeing : le constructeur américain doit cesser la production de son 777F actuel d’ici fin 2027, en application de nouvelles normes internationales sur les émissions. Boeing avait demandé en décembre une dérogation à l’administration fédérale de l’aviation (FAA) pour livrer 35 exemplaires supplémentaires du 777F, invoquant une forte demande et les retards pris dans la certification du 777X. Cette demande restait toujours en attente d’une décision au moment de la publication de l’information sur les négociations avec Ethiopian Airlines.
Boeing produit actuellement deux exemplaires du 777F par mois, selon des documents déposés auprès de la FAA, et en a livré plus de 400 exemplaires au total depuis le lancement du programme.
Un mégahub à Bishoftu, au sud-est d’Addis-Abeba
Ethiopian Airlines exploite déjà une flotte cargo de 12 Boeing 777F, complétée par trois Boeing 767 cargos et quatre Boeing 737 convertis. L’acquisition envisagée viendrait accélérer la montée en puissance de cette flotte, alors que la compagnie prépare l’ouverture d’un nouvel aéroport dédié au fret à Bishoftu, à 45 kilomètres au sud-est de la capitale éthiopienne.
Ce projet, évalué à 12,5 milliards de dollars, doit ouvrir une première phase en 2030 avec une capacité annuelle visée de 3,7 millions de tonnes de fret, dans l’objectif de faire d’Addis-Abeba un carrefour incontournable entre l’Asie, l’Europe et l’Afrique, sur des routes commerciales aujourd’hui dominées par les transporteurs du Golfe.
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