États-Unis : de nouvelles barrières commerciales redessinent la hiérarchie des exportateurs
La dernière mise à jour de la CNUCED, publiée en février 2026, alerte sur une nouvelle phase de fragmentation du commerce mondial où des changements de politiques tarifaires redessinent la hiérarchie des exportateurs et créent des gagnants et des perdants selon des règles commerciales en mutation.

La dernière mise à jour de la CNUCED, publiée en février 2026, alerte sur une nouvelle phase de fragmentation du commerce mondial où des changements de politiques tarifaires redessinent la hiérarchie des exportateurs et créent des gagnants et des perdants selon des règles commerciales en mutation.
Selon l’organisation, l’introduction de droits de douane différenciés, d’ajustements de préférences commerciales et de nouvelles barrières tarifaires modifie profondément les prix relatifs des produits importés, et par ricochet les décisions d’approvisionnement, la localisation des investissements et l’architecture des chaînes de valeur mondiales.
La CNUCED illustre ces dynamiques par des exemples chiffrés : les récentes mesures américaines ont rendu, début 2026, les importations de vin sud-africain environ 17 points de pourcentage plus coûteuses qu’en 2024 par rapport à d’autres fournisseurs, tandis que le riz italien bénéficie d’un avantage tarifaire d’environ 12 points de pourcentage par rapport à certains concurrents. Ces écarts entraînent des détournements de commerce où le choix des débouchés dépend davantage des règles tarifaires que des seuls coûts ou de la qualité.
Tarifs différenciés, inégalités accrues et conséquences sectorielles
L’analyse de la CNUCED met en lumière une montée des inégalités entre pays. Les économies avancées auraient, selon l’étude, consolidé un avantage tarifaire moyen qui s’ajoutait déjà à un différentiel estimé à 1,5 point de pourcentage : cet avantage se serait renforcé d’environ 2 points à la faveur des récentes modifications des régimes tarifaires. En sens inverse, les pays en développement voient leur désavantage relatif passer d’approximativement 1 point à près de 3 points de pourcentage, tandis que les pays les moins avancés, qui se situaient proche de la neutralité, subiraient désormais un handicap de l’ordre de 2 points.
Ces évolutions ne se limitent pas aux chiffres globaux : elles affectent également la structure des filières. Le rapport souligne, notamment dans le secteur agricole et la chaîne du cacao, un paradoxe où le cacao brut entre encore sans droits significatifs sur certains marchés tandis que les produits transformés tels que le chocolat sont soumis à des tarifs plus élevés et inégalement appliqués. En conséquence, les grands exportateurs de produits transformés — cités par la CNUCED comme le Canada, le Mexique, la Belgique ou la Suisse — sont moins pénalisés que les principaux producteurs de cacao comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Équateur ou l’Indonésie.
La disproportion des barrières tarifaires renforce la spécialisation dans l’exportation de matières premières et complique les stratégies de montée en gamme industrielle des pays producteurs. La CNUCED observe par ailleurs que les politiques commerciales sont de plus en plus utilisées comme instruments stratégiques susceptibles de redistribuer rapidement des parts de marché, faisant de la position tarifaire relative un déterminant central de la compétitivité aux côtés de la productivité.
Selon le rapport, les exportateurs doivent dès lors surveiller en permanence leur situation tarifaire par rapport à leurs concurrents, diversifier leurs débouchés pour réduire la vulnérabilité à un marché unique et adapter les politiques industrielles aux nouvelles règles commerciales énoncées par la
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