Espagne : la police démantèle un réseau de traite de jeunes migrantes d’Afrique subsaharienne
La Guardia Civil espagnole a annoncé mardi 11 août le démantèlement, à Gran Canaria, d’un réseau qui recrutait des mineures non accompagnées originaires d’Afrique subsaharienne dans des centres d’accueil. Deux victimes ont été secourues et quatre autres jeunes filles empêchées de quitter leur centre, tandis que cinq personnes, dont un mineur, ont été arrêtées.

Selon le ministère espagnol de l’Intérieur, le réseau organisait la sortie de jeunes migrantes des structures de protection des Canaries avant de les transférer vers l’Espagne continentale et la France. Certaines auraient ensuite été soumises à une exploitation sexuelle.
Les suspects auraient fourni de faux documents ou des papiers volés afin de faciliter les déplacements. Cinq perquisitions ont été menées sur l’île de Gran Canaria dans le cadre de l’opération, a précisé la Guardia Civil.
L’enquête a débuté après le retour en Espagne d’une jeune migrante prise en charge à Gran Canaria. La jeune femme a déclaré aux policiers avoir été recrutée sous la promesse d’un emploi avant d’être envoyée en France.
Les enquêteurs ont ensuite identifié plusieurs cas similaires. Des jeunes filles avaient quitté des centres d’accueil sans récupérer leurs documents, avant que leur présence soit repérée sur des vols à destination de l’Espagne continentale. Les autorités espagnoles soupçonnent le réseau d’avoir exploité leur situation de vulnérabilité.
Une pression accrue sur les dispositifs d’accueil
L’opération intervient alors que les autorités espagnoles font face à une forte pression sur les structures accueillant les mineurs étrangers non accompagnés, notamment à Ceuta. Selon le gouvernement espagnol, environ 72 000 migrants ont franchi la frontière depuis le Maroc vers cette enclave nord-africaine à la fin du mois de juillet, avant le retour d’environ 70 000 d’entre eux.
Quelque 1 342 mineurs non accompagnés se trouvaient encore à Ceuta vendredi, d’après les données communiquées par les autorités espagnoles. Une partie d’entre eux ne disposait pas de solution d’hébergement durable, certains dormant dans la rue.
Le démantèlement annoncé à Gran Canaria met en lumière les risques auxquels sont exposés les jeunes migrants placés sous la protection des autorités, en particulier lorsqu’ils quittent les centres sans accompagnement. La justice espagnole devra désormais déterminer le rôle précis des personnes arrêtées et l’ampleur des transferts organisés vers la France et l’Espagne continentale.
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