Élie Kakou : avant « La Classe », il a débuté au restaurant La Payotte à Marseille

Élie Kakou est mort le 10 juin 1999 à l’âge de 39 ans. Vingt-sept ans après sa disparition, le souvenir de l’humoriste reste étroitement lié à ses débuts marseillais au restaurant-spectacle La Payotte, un lieu hybride où il a appris les codes du cabaret et forgé les premiers traits d’un répertoire qui le mènera sur les grandes scènes françaises.

Publié le à
Cinéma
99vues
Élie Kakou : avant « La Classe », il a débuté au restaurant La Payotte à Marseille
Publicité
2 min de lecture
Google NewsCommenter

Dans les années 1980, La Payotte, située du côté des Cinq-Avenues à Marseille, fonctionnait comme un restaurant-spectacle fréquenté par une clientèle de noctambules et d’habitués. L’établissement, tenu par le couple Joyeux de Cocotier et Élisabeth Meissirel (dite Vanille), servait à la fois de table et de laboratoire artistique : on y mangeait, mais on y testait surtout des numéros en prise directe avec le public.

Avant la télévision et les salles parisiennes, Élie Kakou multipliait les expériences sur ces petites scènes. En formation de prothésiste dentaire, il fréquentait aussi des lieux comme le Club Med et divers cabarets locaux. C’est à La Payotte qu’il apprend à capter une salle, à construire un numéro sans décor, uniquement par la voix, le corps et l’observation des gens autour de lui.

De la Payotte à la notoriété nationale

Les premiers essais scéniques de Kakou laissent apparaître des éléments qui deviendront sa marque : imitation, travestissement comique, gestes amplifiés et voix caricaturales. Sur ces petites scènes, il travaille des personnages en germe et affine un sens du détail et de la situation qui séduit les habitués.

Le passage à la télévision survient au début des années 1990 avec l’émission « La Classe » sur FR3, qui offre une visibilité nationale à plusieurs jeunes comédiens. Le personnage de Madame Sarfati, incarnation ironique et tendre d’une figure maternelle, se détache du reste du répertoire et contribue à faire connaître Kakou auprès d’un public plus large.

Repéré par les programmateurs, il enchaîne ensuite les salles emblématiques : le Point-Virgule, l’Olympia, puis le Zénith. Il est notamment cité comme le premier humoriste à remplir le Zénith de Paris, signe d’une reconnaissance importante au sein de la profession. Ses spectacles se construisent alors comme des univers complets, avec personnages multiples, lumières et musiques, et imposent une esthétique nouvelle dans l’humour français des années 1990.

La carrière de Kakou franchit un palier supplémentaire avec le cinéma : il apparaît en 1997 dans le film « La Vérité si je mens ! », succès populaire qui contribue à sa visibilité hors du monde du stand-up et du cabaret.

Le lieu de ses débuts, La Payotte, a évolué au fil des décennies. Transformée en espace davantage consacré au spectacle vivant, l’adresse est aujourd’hui identifiée comme le Petit Théâtre des Îles et est gérée par l’association Yo le Cœur de la Payotte. Depuis 2023, la structure a amorcé un virage itinérant, organisant des événements hors les murs et en partenariat avec d’autres lieux culturels.

Sur place, une plaque commémorative et des objets conservés rappellent les passages d’Élie Kakou à La Payotte, souvenir tangible de ses premières années d’apprentissage avant la reconnaissance nationale.

Articles liés

Commentaires

Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.

Merci pour votre lecture — publicité
© 2026 BENIN WEB TV