Égypte : lancement d’un complexe d’acide phosphorique de 658 millions de dollars

L’Égypte a posé, mercredi 19 août 2026, la première pierre d’un complexe d’acide phosphorique de 658 millions de dollars sur le plateau d’Abou Tartour, dans le gouvernorat de la Nouvelle-Vallée. Le ministre du Pétrole et des Ressources minérales, Karim Badawi, et la gouverneure Hanan Magdy ont lancé le chantier, présenté par le ministère comme le premier complexe industriel égyptien produisant cet acide à partir de phosphate extrait dans le pays.

Ousmane Traoré Samba
Ousmane Traoré Samba
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Economie
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Égypte : lancement d’un complexe d’acide phosphorique de 658 millions de dollars
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La première phase doit atteindre une capacité annuelle de 250 000 tonnes d’acide phosphorique commercial à haute concentration. Ce produit intermédiaire, utilisé notamment dans la fabrication d’engrais phosphatés, doit être exporté par le port de Safaga afin de générer des recettes en devises, selon le communiqué du ministère.

La construction a été confiée aux groupes chinois China State Construction Engineering Corporation (CSCEC) et East China Engineering Science and Technology (ECEC). Les autorités prévoient un délai de réalisation de 30 mois et annoncent plus de 3 000 emplois directs et indirects, des objectifs qui restent liés à l’exécution du chantier.

Le lancement intervient après la signature, en juin 2025, des accords définitifs entre les actionnaires égyptiens du projet et le consortium chinois. Reuters avait alors confirmé le montant de 658 millions de dollars et la capacité initiale de 250 000 tonnes par an. Le ministère indique que des obstacles ayant retardé le projet pendant plusieurs années ont été levés au cours des douze derniers mois.

Transformer le phosphate sur place

Le complexe doit utiliser le minerai des mines d’Abou Tartour plutôt que du phosphate importé. Il est porté par la société Abu Tartour Phosphoric Acid Company, avec la participation de plusieurs entreprises et organismes publics égyptiens, dont Abu Qir Fertilizers, Misr Phosphate, East Gas, Petrojet et Enppi, ainsi que l’autorité chargée des ressources minérales.

Cette opération s’inscrit dans la stratégie annoncée par Le Caire pour développer des industries de transformation autour de ses ressources minières. L’objectif affiché est de vendre davantage de produits à valeur ajoutée au lieu de limiter les exportations au minerai brut, tout en rapprochant l’extraction, la transformation chimique et la logistique portuaire.

Misr Phosphate détient 25 % du projet, selon le ministère du Pétrole. L’entreprise publique indique disposer d’une capacité de production de phosphate de 7 millions de tonnes par an sur ses sites d’Abou Tartour, d’El-Sebaiya et de la mer Rouge, matière première appelée à alimenter le nouveau complexe.

Le projet avait déjà connu plusieurs configurations. Un contrat annoncé en 2019 portait sur un investissement et une capacité supérieurs, avant la relance du programme sur la base actuelle de 658 millions de dollars. La pose de la première pierre marque le passage au chantier, mais la production commerciale dépendra du respect du calendrier de 30 mois annoncé par les autorités.

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