Delphine Jubillar : le propriétaire du champ affirme que les monticules étaient du compost
Des ossements découverts dans un champ près de Cagnac-les-Mines relancent l’enquête sur la disparition en décembre 2020 de Delphine Jubillar. Le propriétaire de la parcelle a assuré aux enquêteurs que les monticules visibles sur son terrain étaient des tas de compost provenant de la commune voisine de Carmaux, et non de simples amas de terre, une précision qui fait écho aux déclarations attribuées à Cédric Jubillar.

Delphine Jubillar, née Delphine Aussaguel le 15 novembre 1987 à Gaillac (Tarn), était infirmière en clinique à Albi. Mariée à Cédric Jubillar depuis 2013 et mère de deux enfants, elle a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Selon son époux, elle a quitté le domicile familial vêtue d’une doudoune blanche en emportant uniquement son téléphone.
En juin 2021, Cédric Jubillar a été mis en examen pour homicide volontaire avec aggravation, les enquêteurs relevayant des incohérences dans ses déclarations. À ce jour, aucun corps n’a été retrouvé de manière formelle, malgré des fouilles et des analyses techniques menées sur divers éléments, dont le téléphone et le lave-linge du couple.
Le compost, les déclarations et les éléments médico-légaux
Entendu par les enquêteurs, le propriétaire du champ a précisé que plusieurs monticules de deux à trois mètres de hauteur étaient entreposés sur sa parcelle avant d’être épandus sur les terres agricoles. Il a assuré qu’il s’agissait de déchets végétaux transformés en compost en provenance de Carmaux, et non de simples tas de terre. Cette caractérisation du matériau pose des questions sur l’état des restes humains retrouvés et sur les possibilités de conservation ou d’altération des ossements dans un tel milieu.
Des sources rapportent également que, lors de ses auditions, Cédric Jubillar aurait évoqué avoir dissimulé le corps « à mains nues, sans le moindre outil », et l’avoir placé dans ce qu’il décrivait comme un tas de terreau. Les enquêteurs confrontent ces éléments aux déclarations du propriétaire du terrain pour établir la nature exacte du lieu où des restes ont été découverts.
Les expertises médico-légales doivent déterminer l’identité des ossements retrouvés et préciser si le milieu organique du compost a pu accélérer la décomposition ou modifier les traces observées. Les analyses biomoléculaires et anthropologiques visent notamment à établir une correspondance entre les fragments osseux et la victime présumée, ainsi qu’à reconstituer la chronologie de la disparition et des opérations de dissimulation alléguées.
Parmi d’autres éléments évoqués au cours de l’instruction, un proche de Cédric Jubillar a rapporté qu’il avait discuté, au début de l’année 2021, de la différence entre la chaux conservatrice et la chaux destructrice, cette dernière étant citée pour son usage dans certaines opérations d’équarrissage afin d’accélérer la décomposition des carcasses animales. Ces confidences avaient précédemment retenu l’attention des enquêteurs et sont réexaminées à la lumière des découvertes récentes.
Le procès de Cédric Jubillar est fixé à la cour d’assises du Tarn à partir du 22 septembre 2025 et devrait durer quatre semaines.
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