Déchiffrer la liste INCI pour choisir un vrai soin bio visage

Apprendre à lire la liste INCI d’un soin pour le visage permet de distinguer ce qui est réellement « bio » des promesses marketing : en Europe, cette liste est obligatoire et donne, dans l’ordre, la composition exacte d’un produit cosmétique. Maîtriser quelques règles simples évite de se laisser convaincre par un packaging flatteur.

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La liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients) recense tous les ingrédients d’un produit, classés par concentration décroissante. Elle constitue la seule source d’information normalisée et réglementée sur la composition d’un cosmétique vendu en Europe, et dépasse en fiabilité les mentions commerciales présentes en façade.

Problème récurrent : l’INCI est rédigée en latin et en anglais, avec des appellations techniques qui ressemblent à des formules chimiques. Beaucoup de consommateurs l’ignorent, ce qui laisse la porte ouverte aux ambiguïtés marketing — un ingrédient mis en avant sur l’emballage peut n’apparaître qu’en toute fin de liste et n’être présent qu’à des traces.

Lire l’INCI : ce que révèlent l’ordre et les mentions

La règle à retenir est simple : plus un ingrédient figure haut dans la liste, plus sa concentration est importante. Les ingrédients présents à moins de 1 % peuvent être listés dans n’importe quel ordre ; leur impact sur la formulation est souvent marginal. Ainsi, un soin qui affiche « à l’huile de rose » mais dont l’huile n’apparaît qu’au 28e rang contient probablement une quantité anecdotique de cet extrait.

Dans un soin bio sérieux, les premières positions correspondent généralement à des bases et actifs naturels : Aqua (eau), huiles végétales (par exemple Helianthus Annuus Seed Oil pour le tournesol, Simmondsia Chinensis Seed Oil pour le jojoba), extraits de plantes ou eaux florales (Rosa Damascena Flower Water, Aloe Barbadensis Leaf Juice) et les actifs certifiés issus de l’agriculture biologique, souvent signalés par un astérisque renvoyant à une mention en bas de liste.

Certaines formulations revendiquant le naturel peuvent néanmoins contenir des composés incompatibles avec une certification bio exigeante. Parmi les ingrédients à repérer figurent : les PEG (polyéthylène glycols) et dérivés, les parabènes (Methylparaben, Propylparaben), les silicones (Dimethicone, Cyclopentasiloxane), les parfums non détaillés (Parfum ou Fragrance) et le phénoxyéthanol — toléré en faible quantité dans l’industrie mais absent des formulations certifiées Cosmos Organic.

Les référentiels de certification apportent un niveau de garantie : Cosmos Organic (géré notamment par Ecocert) et Nature & Progrès imposent des exigences précises. Le cahier des charges Cosmos exige par exemple un pourcentage élevé d’ingrédients d’origine naturelle (95 % mentionné parmi les exigences) et un minimum d’ingrédients issus de l’agriculture biologique (le texte de référence indique un seuil, par exemple 20 % pour les produits non rincés comme les soins du visage). Une certification implique un contrôle indépendant de la composition.

Pour vérifier la transparence d’un produit, cherchez les astérisques qui identifient les ingrédients issus de l’agriculture biologique et les pourcentages indiquant la part d’ingrédients d’origine naturelle et biologique en bas de liste INCI. Un produit bien formulé affichera ses actifs principaux dans le premier tiers de la liste ; si l’ingrédient « phare » n’apparaît qu’en bas, la promesse mérite d’être questionnée.

Sources : Règlement (CE) n° 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques (obligation d’affichage INCI et règles d’étiquetage) ; cahier des charges Cosmos Standard (Ecocert / Cosmos Organic) ; publications de l’ANSM sur les substances à surveiller dans les cosmétiques.

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