Crise de la dette africaine : investir et transformer localement les ressources

Près de trente États africains sont aujourd’hui confrontés à un risque sérieux d’endettement incontrôlé. Malgré des taux de croissance souvent soutenus, leurs niveaux d’emprunts grimpent à un rythme préoccupant. Des pays comme le Gabon, le Sénégal ou le Ghana figurent parmi les plus exposés, et plus de 11 milliards de dollars d’obligations arrivent à échéance en 2026.

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Crise de la dette africaine : investir et transformer localement les ressources
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Près de trente États africains sont aujourd’hui confrontés à un risque sérieux d’endettement incontrôlé. Malgré des taux de croissance souvent soutenus, leurs niveaux d’emprunts grimpent à un rythme préoccupant. Des pays comme le Gabon, le Sénégal ou le Ghana figurent parmi les plus exposés, et plus de 11 milliards de dollars d’obligations arrivent à échéance en 2026.

On parle de crise de la dette lorsqu’un pays ne peut plus honorer ses engagements sans compromettre son fonctionnement économique. Ces épisodes ne sont pas nouveaux : depuis le choc pétrolier de 1973, des périodes comparables ont tendance à se répéter environ tous les dix ans. La crise liée à la pandémie de Covid-19 a, en outre, alourdi les bilans de nombreux États africains, même là où la croissance a repris.

Pour plusieurs observateurs, la faiblesse persistante résulte d’un manque de transformation locale des ressources. Hugues Mbadinga Madiya, économiste et ancien ministre gabonais, souligne que tant que les matières premières sortiront principalement à l’état brut, les pays resteront cantonnés à des segments peu rémunérateurs des chaînes de valeur. Il cite des initiatives réussies — notamment des politiques d’industrialisation du bois au Gabon — qui ont permis d’augmenter significativement la valeur ajoutée du secteur.

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Le cas du Sénégal illustre la fragilité de la situation : le pays doit faire face au remboursement de 485 millions de dollars dans les semaines qui viennent, et ses emprunts se négocient avec une prime de risque élevée sur les marchés internationaux. Selon l’économiste Abdoulaye Ndiaye, la solution ne réside pas uniquement dans des coupes budgétaires. Il préconise des investissements ciblés pour accroître la productivité et réduire la dépendance aux subventions coûteuses — notamment dans le domaine de l’électricité et des énergies — afin de diminuer durablement les charges publiques.

Diversifier en profondeur plutôt qu’en largeur

Pour rompre le cycle des crises récurrentes, Hugues Mbadinga Madiya insiste sur la nécessité d’aller au-delà de la simple rigueur budgétaire et monétaire. Un budget équilibré, une monnaie stable et des réserves convenables sont des conditions utiles, mais pas suffisantes. L’histoire économique montre que certains pays se sont développés autour d’un nombre restreint de produits, à condition d’en maîtriser la transformation locale.

Le Botswana est souvent cité comme un exemple de diversification verticale : au lieu de multiplier les secteurs, le pays a choisi d’approfondir la transformation du diamant. Même si ce secteur traverse actuellement une passe difficile, il reste la principale source de recettes d’exportation, représentant encore près de 80 % des revenus à l’export pour le pays.

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