Côte d’Ivoire : plus de 2 000 milliards FCFA d’investissements prêts à obtenir l’agrément en 2026

Le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) a identifié un portefeuille de huit projets susceptibles d’obtenir son agrément en 2026, représentant un montant cumulé de 2 084 milliards FCFA et orientant les capitaux privés vers la transformation productive, l’autonomie énergétique et la structuration de chaînes de valeur locales.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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Côte d’Ivoire : plus de 2 000 milliards FCFA d’investissements prêts à obtenir l’agrément en 2026
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Le Centre de Promotion des Investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) a identifié un portefeuille de huit projets susceptibles d’obtenir son agrément en 2026, représentant un montant cumulé de 2 084 milliards FCFA et orientant les capitaux privés vers la transformation productive, l’autonomie énergétique et la structuration de chaînes de valeur locales.

Cette cartographie illustre un changement de priorité des investisseurs : au-delà des infrastructures classiques, les dossiers visent désormais la transformation agro-industrielle, la production d’énergie renouvelable et l’implantation d’unités industrielles destinées au marché régional. Le document de synthèse fait apparaître une volonté de réduire la dépendance aux importations et d’augmenter le contenu local des activités industrielles.

L’analyse distingue trois directions stratégiques. La première concerne l’agro-industrie, avec des projets ciblant la sécurité alimentaire et la structuration de filières. La seconde porte sur la transition énergétique, intégrant solaire, biomasse et valorisation des déchets. La troisième vise l’industrialisation via la création de plateformes productives et d’unités d’assemblage. Les études de projet mentionnent des retombées attendues sur la demande d’équipements, le secteur du bâtiment et travaux publics, l’emploi et les services logistiques.

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Concentration des montants, risques d’exécution et volets énergétiques

La répartition financière du pipeline révèle une forte concentration : les trois dossiers les plus importants représentent plus de 62 % de l’enveloppe globale. Le complexe agro-pastoral VESCO FARM figure en tête avec une estimation de 700 milliards FCFA. Il se présente comme un projet intégrant l’ensemble de la chaîne laitière, de l’alimentation animale à la distribution, et vise à diminuer les importations de produits laitiers.

La zone franche industrielle CAFTRADE, implantée au PK24, est chiffrée à environ 350 milliards FCFA et se conçoit comme un pôle susceptible d’attirer des investisseurs industriels internationaux au sein d’un cluster. Le projet BIOCRUDE, axé sur la transformation de déchets en énergie et en matériaux, illustre l’émergence d’une logique d’économie circulaire industrielle dans le portefeuille.

L’analyse du CEPICI alerte sur la sensibilité de l’ensemble au rythme de mise en œuvre de ces méga-projets : la part élevée des trois principaux dossiers augmente l’incidence des aléas d’exécution sur le montant effectivement investi en 2026, selon les documents internes consultés.

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Le volet énergétique représente près d’un tiers des investissements envisagés. Des initiatives solaires, des installations de biomasse issues du cacao et des projets de valorisation énergétique des déchets sont répertoriés, portés notamment par des acteurs cités dans le dossier tels qu’AMEA Power, Infinity Power et SODEN. La valorisation de la biomasse cacao est présentée comme une source d’énergie susceptible de dégager des bénéfices économiques et environnementaux en réutilisant des résidus agricoles.

Sur le plan industriel, la zone franche CAFTRADE est décrite comme un catalyseur potentiel pour des effets d’agglomération, tandis que le projet d’assemblage automobile YUKS–CHERY vise la substitution aux importations et un positionnement sur le marché régional, sous réserve des conditions de marché et de la construction d’un contenu local compétitif. L’agrément à l’investissement accordé par le CEPICI s’accompagne généralement d’avantages fiscaux et douaniers.

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