Côte d’Ivoire : À Abidjan, la mode évolue du pagne traditionnel au streetwear

La mode ivoirienne, longtemps identifiée aux pagnes aux motifs traditionnels, gagne en visibilité internationale grâce à une nouvelle génération de créateurs qui mêlent héritage et audace contemporaine. À Abidjan, maisons et jeunes labels réinterprètent les codes locaux — matériaux, coupes et esthétiques urbaines — et exportent désormais leurs collections sur des podiums européens et américains.

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Beauté - Mode
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Côte d’Ivoire : À Abidjan, la mode évolue du pagne traditionnel au streetwear
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Pendant des décennies, le vêtement en Côte d’Ivoire a servi principalement de vecteur d’identités culturelles et de récits communautaires. Les collections récentes conservent cet ancrage symbolique tout en intégrant des préoccupations esthétiques et commerciales nouvelles : silhouettes adaptées aux villes, matériaux retravaillés et recherche d’un public diversifié.

Cette évolution se matérialise par des défilés et collaborations à l’étranger, par la montée en puissance du streetwear local et par l’émergence de maisons capables d’attirer des médias internationaux. À Abidjan, l’écosystème de la mode s’élargit : ateliers, jeunes stylistes, showrooms et événements participent à ce repositionnement.

Abidjan, laboratoire d’une mode entre tradition et innovation

Parmi les créateurs les plus exposés à l’international figure la maison Olivia Perez, qui a présenté une collection au Wilde pendant la Fashion Week de Paris. Le défilé a attiré un public diversifié et plusieurs personnalités, dont l’ancienne ministre française Elisabeth Moreno, et a été relayé par la presse spécialisée.

Sur le podium parisien, la présence de Rebecca Ayoko, premier mannequin noir engagé par Yves Saint Laurent, a souligné le dialogue entre mémoire et haute couture. Les tenues présentées comportaient des pièces réalisées par Sophia Schaub-Vincent, créatrice et directrice artistique associée à la maison Olivia Perez, qui met l’accent sur l’innovation textile.

Sophia Schaub-Vincent explique que la différenciation passe maintenant par la matière : expérimentation avec le raphia, recyclage de fibres et recherche de textures nouvelles pour concilier esthétique et dimension environnementale. Cette approche traduit une volonté de produire des pièces à la fois singulières et responsables.

Sur la scène locale, de jeunes stylistes imposent un registre urbain. Calvin Gueyes, 28 ans, installé à Treichville rue Abla Pokou, est l’un des visages de cette génération. Ancien directeur artistique dans une maison de mode et formé à la mise en scène, il a conçu le costume national porté par Olivia Yacé lors de sa participation à Miss Univers, un travail salué pour sa créativité.

Le streetwear abidjanais se structure aussi autour de labels comme Djainin, fondé par Jean-Yves Kouassi et Gaston Ouédraogo. La marque revendique une esthétique “Nouchi” et recycle des images et symboles de l’après-indépendance — notamment des références à Marie-Thérèse Houphouët-Boigny — dans des vestes oversize et des sérigraphies inspirées de l’art pop.

Djainin développe une signature visuelle mêlant nostalgie et modernité ; ses pièces se voient régulièrement présentées lors de défilés locaux et d’événements internationaux. La marque a communiqué avoir exposé une sélection de ses vestes oversize lors de la dernière édition de la Fashion Week de New York.

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