Conflit potentiel d’attribution entre le Sénat et les autres institutions: JB Elias invite à une correction de la constitution
Au Bénin, les pouvoirs attribués au futur Sénat par la réforme constitutionnelle de novembre 2025 continuent de susciter des interrogations. Invité le dimanche 26 avril 2026 dans l’émission Grand Angle sur Crystal News, Jean-Baptiste Elias, président du Front des Organisations Nationales contre la Corruption (Fonac), a exprimé de sérieuses réserves quant à l’architecture institutionnelle issue de cette réforme.

Selon lui, l’étendue des attributions constitutionnelles reconnues au Sénat est de nature à installer une forme de rivalité permanente entre les institutions de la République.
« À la lecture des prérogatives du Sénat, on est en droit de se demander ce qu’il reste comme pouvoirs effectifs au président de la République et aux autres institutions », a-t-il déclaré, pointant un risque de chevauchement des compétences.
Enseignant à l’Université d’Abomey-Calavi, Jean-Baptiste Elias estime que la réforme de novembre 2025 n’a pas suffisamment encadré les pouvoirs du Sénat. Cette absence de balises claires pourrait, selon lui, ouvrir la voie à des conflits institutionnels lors de la mise en œuvre concrète des textes.
Sans verser dans l’alarmisme, il appelle néanmoins à une relecture de la Constitution afin de « corriger certaines dispositions » et prévenir d’éventuels blocages.
Le président du Fonac s’est également prononcé sur le processus de désignation des 25 futurs sénateurs. Il déplore l’absence de critères précis et transparents pour leur sélection. En dehors des anciens présidents d’institutions appelés à siéger de droit, il plaide pour une désignation inclusive, fondée sur des règles claires, permettant une représentation équilibrée de la mouvance, de l’opposition et de la société civile.
S’appuyant sur des exemples observés dans la sous-région et à l’international, Jean-Baptiste Elias estime qu’un Sénat crédible et légitime ne peut se construire sans pluralisme ni transparence. Pour lui, l’enjeu dépasse la seule question institutionnelle et touche à la stabilité démocratique et à l’équilibre des pouvoirs au sommet de l’État.
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