Centrafrique : l’opposition tacle la gestion du pays depuis dix ans et réclame un dialogue politique
À Bangui, le 16 avril 2026, la principale formation d’opposition de la République centrafricaine, le Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC), a vivement critiqué la manière dont le pays a été administré au cours des deux premiers mandats du président Faustin-Archange Touadéra, réélu en décembre dernier. Les responsables du mouvement ont appelé à l’ouverture d’un dialogue large et inclusif pour apaiser les tensions politiques et relancer la cohésion nationale ainsi que le développement.

Plus de deux semaines après l’investiture qui a marqué l’entrée de la Centrafrique dans la VIIe République, les voix dissidentes se sont fait entendre. Les dirigeants du BRDC ont tenu une conférence de presse le 16 avril afin de dresser leur lecture de la situation nationale.
Le constat dressé par l’opposition est alarmant : elle parle d’un pays qui s’enfonce dans une crise profonde, avec des répercussions particulièrement sévères en milieu rural et des difficultés visibles sur le plan social et économique.
Le porte-parole du mouvement a rappelé que l’appel au boycott des élections générales du 28 décembre 2025, lancé par l’opposition, a été massivement suivi selon eux, et il a insisté sur la nécessité d’un vrai dialogue pour « sauver la République », selon leurs termes.
Des paroles nombreuses, des résultats rares
Martin Ziguélé, qui s’exprime pour le BRDC, a estimé incompréhensible de demander à une équipe restée dix ans au pouvoir et dont les actions n’ont pas amélioré les conditions de vie des Centrafricains de se voir confier sept années supplémentaires. Il a dénoncé l’absence d’effets concrets des promesses gouvernementales et le manque d’investissements réels capables de créer des emplois pour les jeunes.
Le Bloc, créé le 30 mars 2016, réaffirme aujourd’hui sa position : le recours au dialogue politique est, selon lui, la seule voie démocratique crédible pour discuter des grandes orientations de la gouvernance et tenter d’éviter une dégradation plus poussée de la situation économique et sociale.
Du côté du pouvoir, le président Touadéra, lors de son investiture le 30 mars 2026, a exprimé sa disposition à rencontrer les forces vives du pays. Reste à déterminer les modalités — calendrier, participants et règles du jeu — de ce dialogue que réclame l’opposition.
La révision constitutionnelle approuvée par référendum en juillet 2023 a en outre ouvert la possibilité pour Faustin-Archange Touadéra de briguer un troisième mandat consécutif, point que l’opposition rappelle dans ses critiques sur la trajectoire politique récente de la Centrafrique.
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