Burkina Faso suspend le projet de ‘gene drive’ contre le paludisme
Après un raid qualifié d’« humiliant », les autorités du Burkina Faso ont annoncé l’interruption immédiate des activités d’un programme de modification génétique de moustiques visant à lutter contre le paludisme. L’arrêt concerne des opérations menées dans un insectarium de recherche et suscite une vague d’interrogations chez les scientifiques, les responsables de projet et les acteurs locaux impliqués dans ces essais. L’affaire relance le débat sur la sécurité, l’acceptation sociale et l’encadrement réglementaire des technologies dites de « gene drive » en Afrique de l’Ouest.

Après un raid qualifié d’« humiliant », les autorités du Burkina Faso ont annoncé l’interruption immédiate des activités d’un programme de modification génétique de moustiques visant à lutter contre le paludisme. L’arrêt concerne des opérations menées dans un insectarium de recherche et suscite une vague d’interrogations chez les scientifiques, les responsables de projet et les acteurs locaux impliqués dans ces essais. L’affaire relance le débat sur la sécurité, l’acceptation sociale et l’encadrement réglementaire des technologies dites de « gene drive » en Afrique de l’Ouest.
Le projet visé développe des techniques génétiques destinées à modifier les populations de moustiques Anopheles, vecteurs du paludisme, pour réduire leur capacité à transmettre la maladie. Les promoteurs expliquent que ces approches expérimentales reposent sur des mécanismes d’hérédité biaisée permettant à un caractère introduit de se propager rapidement au sein d’une population. Les partisans soutiennent que, si elles sont maîtrisées, ces méthodes pourraient compléter les outils existants — moustiquaires imprégnées, traitements et lutte environnementale — pour diminuer significativement la charge de morbidité liée au paludisme.
Selon des sources liées au consortium de recherche, l’intervention contre l’insectarium a entraîné la suspension de toute manipulation d’organismes modifiés et la fermeture temporaire des installations concernées. Des équipes locales et internationales ont été sommées de stopper les expérimentations en attendant des clarifications et des mesures de sécurité renforcées. Les responsables scientifiques ont décrit l’opération comme « humiliant » pour le personnel ainsi visé, soulignant les risques professionnels et institutionnels engendrés par l’incident.
Contexte scientifique, enjeux réglementaires et réactions des parties prenantes
La technique dite de « gene drive » suscite des interrogations fortes sur le plan éthique, écologique et sanitaire. Les experts rappellent que son application en milieu naturel impliquerait des impacts à large échelle, difficiles à maîtriser une fois les organismes relâchés. C’est pourquoi les essais confinés en laboratoire et l’acceptation communautaire sont considérés comme des étapes indispensables avant toute expérimentation en plein air. Les événements récents mettent en lumière la vulnérabilité des installations de recherche et la nécessité d’un dialogue public soutenu pour prévenir les incompréhensions et les tensions.
Des organisations de la société civile, des ONG environnementales et certains groupes locaux ont déjà exprimé des réserves sur l’introduction d’organismes génétiquement modifiés dans des écosystèmes africains, évoquant des risques imprévus et des questions de gouvernance. À l’inverse, une partie de la communauté scientifique plaide pour la poursuite contrôlée des recherches, arguant du lourd fardeau sanitaire que représente le paludisme sur le continent et de l’insuffisance des outils actuels pour éliminer la maladie.
Au plan institutionnel, l’arrêt des activités nécessite désormais des décisions sur la protection des installations, la sécurité du personnel et la reprise éventuelle des expérimentations. Les autorités burkinabè et les partenaires internationaux du projet doivent déterminer les mesures administratives et techniques à mettre en œuvre pour répondre aux exigences réglementaires nationales et aux standards internationaux en matière de biosécurité et d’éthique de la recherche
