Bénin : Nadine Okoumassoun quitte Les Démocrates et appelle à l’apaisement politique
Nadine Okoumassoun a annoncé sa démission du parti d’opposition Les Démocrates, qu’elle avait rejoint en 2022 après sa sortie de prison. Connue pour ses prises de position critiques sur la gouvernance et les libertés publiques, l’activiste politique accompagne son départ d’un appel à l’apaisement et à la réconciliation nationale.

Le parti Les Démocrates enregistre un nouveau départ. Nadine Okoumassoun a décidé de quitter la formation politique d’opposition. Cette décision intervient dans un contexte de profonde recomposition du parti après les élections générales de 2026 et plusieurs mois de tensions internes.
La militante avait officiellement rejoint Les Démocrates en octobre 2022 avec son mouvement politique. À l’époque, Nourénou Atchadé, alors premier vice-président de la formation, avait participé à la cérémonie d’adhésion et salué son engagement.
Son départ intervient près de quatre ans après cette entrée dans le parti. Durant cette période, Nadine Okoumassoun s’est régulièrement exprimée sur les questions électorales, les libertés publiques, la situation des détenus et exilés politiques ainsi que la nécessité d’un dialogue entre les différentes composantes de la classe politique.
À l’approche des législatives de janvier 2026, elle figurait encore parmi les candidates présentées par Les Démocrates pour les sièges réservés aux femmes. Elle avait été positionnée comme titulaire dans la 16e circonscription électorale.
Un appel à tourner la page des tensions politiques
La démission ne semble toutefois pas signifier un retrait du débat public. Nadine Okoumassoun accompagne sa décision d’un message en faveur de l’apaisement politique et d’un dépassement des antagonismes qui ont marqué ces dernières années.
Cette position s’inscrit dans la continuité de plusieurs de ses interventions récentes. En juin 2025, elle avait notamment demandé au président Patrice Talon de convoquer des assises nationales afin de favoriser le dialogue politique et de créer les conditions d’élections inclusives et pacifiques.
En mai 2026, après l’élection présidentielle, elle avait de nouveau placé la réconciliation au centre de ses préoccupations, estimant que le défi politique du pays résidait désormais dans la restauration d’un climat apaisé entre les différentes composantes de la société béninoise.
Son départ intervient alors que Les Démocrates traversent une période difficile. La formation a perdu sa représentation à l’Assemblée nationale à l’issue des législatives du 11 janvier 2026 et n’avait pas pu présenter de candidat à la présidentielle d’avril, faute du nombre de parrainages requis.
Le parti a également enregistré plusieurs démissions importantes. L’ancien président de la République Thomas Boni Yayi a quitté sa direction en mars 2026, invoquant des raisons de santé. Son fils Chabi Georges Nadjim Yayi a également démissionné, tandis que Guy Dossou Mitokpè et d’autres responsables avaient quitté la formation dans le même contexte de recomposition.
Une crise de direction avait ensuite opposé les camps de Nourénou Atchadé et d’Éric Houndété. Le tribunal de Cotonou avait finalement confirmé, fin avril, Nourénou Atchadé à la tête du parti.
Malgré ces difficultés, Les Démocrates ont réaffirmé en mai leur maintien dans l’opposition. Lors d’un Conseil national extraordinaire, le parti avait confirmé son statut d’opposition politique et annoncé sa volonté de poursuivre son action dans le nouveau contexte institutionnel.
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