Bénin – Mali : porteur d’un message d’Assimi Goïta, Abdoulaye Diop reçu par Romuald Wadagni

Romuald Wadagni a reçu à Cotonou le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, porteur d’un message du général Assimi Goïta deux jours après son investiture. Cette audience, dans la continuité de la présence des délégations de l’AES à la cérémonie du 24 mai, confirme l’ouverture d’un dialogue entre le nouveau pouvoir béninois et les capitales sahéliennes, sur fond d’enjeux sécuritaires, économiques et diplomatiques.

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Bénin – Mali : porteur d’un message d’Assimi Goïta, Abdoulaye Diop reçu par Romuald Wadagni
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Le président béninois Romuald Wadagni a reçu lundi 26 mai au Palais de la Marina Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, deux jours après son investiture. Diop était porteur d’un message du général Assimi Goïta, chef de l’État malien, et a transmis les félicitations officielles de Bamako ainsi que ses vœux de réussite pour le peuple béninois.

Les échanges ont porté sur les relations bilatérales entre Cotonou et Bamako, la coopération régionale, la stabilité sécuritaire et les perspectives économiques entre les deux États, selon les informations communiquées à l’issue de l’audience. Wadagni s’est réjoui de la présence du Mali à son investiture. Le ministre Diop a réitéré la disponibilité de son pays à développer une coopération fondée, selon ses termes, sur « le respect de la souveraineté des États, des choix stratégiques et des intérêts des populations ».

Diop avait déjà représenté Goïta à la cérémonie d’investiture du dimanche 24 mai au Palais des Congrès de Cotonou, aux côtés de son homologue burkinabè Karamoko Jean-Marie Traoré et du Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine. C’est la première fois depuis plusieurs années que les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) envoient des représentants de haut rang à une cérémonie officielle béninoise.

Un contexte de tensions accumulées avec l’AES

La présence sahélienne à Cotonou intervient après une séquence de crispations profondes entre le Bénin et les pays de l’AES, en particulier le Niger. Depuis le coup d’État qui a renversé le président Mohamed Bazoum en juillet 2023, le Bénin avait soutenu la position de la CEDEAO en faveur d’une intervention militaire pour rétablir l’ordre constitutionnel. Niamey avait en réaction fermé sa frontière terrestre avec le Bénin — toujours fermée en mai 2026 — et formulé des accusations répétées contre Cotonou, allégant que le territoire béninois servait de base arrière à des actions déstabilisatrices, des affirmations démenties par les autorités béninoises.

Le dossier pétrolier a aggravé la relation bilatérale. L’oléoduc Niger-Bénin, long de plus de 2 000 kilomètres reliant les champs d’Agadem au port de Sèmè, n’a jamais atteint sa capacité nominale de 200 000 barils par jour. En juin 2024, l’arrestation de cinq ressortissants nigériens sur la plateforme du pipeline au Bénin, dont trois condamnés à dix-huit mois de prison avec sursis par la CRIET pour usage de faux badge, avait encore alourdi le contentieux. En janvier 2026, Niamey avait déclaré persona non grata le premier conseiller de l’ambassade du Bénin. Le 7 décembre 2025, une tentative de coup d’État contre le président Patrice Talon avait renforcé les accusations croisées entre les deux capitales. La France a depuis reconnu le déploiement de forces spéciales en soutien aux efforts antiterroristes béninois.

La question sécuritaire au premier plan pour Wadagni

Dans son discours d’investiture du 24 mai, Wadagni a insisté sur la nécessité d’une coopération régionale renforcée et exprimé la solidarité du Bénin avec le Mali dans sa lutte contre le terrorisme. Sans nommer l’AES, il a évoqué la stabilité, le dialogue et le respect mutuel comme des priorités communes avec les pays voisins.

Pour Cotonou, les enjeux d’un rapprochement avec l’AES sont à la fois sécuritaires et économiques. Le nord du Bénin subit depuis plusieurs années une progression des violences jihadistes, en partie alimentée par l’absence de coopération transfrontalière effective avec le Burkina Faso et le Niger. Le port autonome de Cotonou, qui tire une part significative de son activité du transit vers l’hinterland sahélien, a vu ses volumes ralentir depuis la fermeture de la frontière nigérienne.

Un accord signé le 18 mai 2026 entre Niamey et la China National Petroleum Corporation (CNPC) a relancé le dossier du pipeline Niger-Bénin, signalant une possible reprise des exportations pétrolières et ouvrant une fenêtre pour la reprise des contacts bilatéraux, selon des analystes de l’Institut d’études de sécurité (ISS). La date d’une éventuelle réouverture de la frontière nigérienne et le contenu des engagements que Wadagni sera prêt à prendre sur la question des forces françaises en territoire béninois conditionnent, selon les mêmes analystes, la portée concrète du rapprochement amorcé.

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