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Bénin, « le quitus exclusif ! »

Par
Ange BANOUWIN

OPINION

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Ange Gbokanlé Banouwin est Journaliste d’investigation, Analyste Politique, Consultant en communication stratégique et Socio-Anthropologue. Avec plus d’une décennie d’exercice dans la presse, il a un profil multimédia. Il scrute au quotidien l’actualité sociopolitique du Bénin, des pays de la sous-région et du Monde.

C’est exclusif! dans l’un sens comme dans l’autre. Une réforme à pas forcés aux dires d’améliorer l’animation de la vie politique qui dépeint sur le statut démocratique jadis du Bénin. Avec à la clé des fêtes électorales transformées en requiem, et durcissement de la tension sociale. D’aucuns diront que ce n’est pas nouveau, mais à l’ère du Renouveau Démocratique, ça crève l’œil.

En effet, c’était un secret de polichinelle il y de cela quelques années au Bénin, que les élections ne se gagnaient pas toujours dans les urnes, mais pouvaient se gagner au niveau de plusieurs instances à savoir : la confection des listes électorales, l’instance d’organisation des élections et pourquoi pas même au sein des organes à charge de la gestion du contentieux électoral.

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Mais aujourd’hui avec l’évolution de l’organisation à travers la mise en œuvre des listes électorales pour le moins sécurisées, et accréditées par audits; mais également l’entrée dans un type de standard de la structure d’organisation des élections, où aujourd’hui couplé à la veille citoyenne, on peut à une certaine heure de la journée avoir idée des grandes tendances et pourquoi pas les premiers résultats ; quitte à ce que les structures d’organisation des élections puissent les confirmer, l’alternative de gagner une élection en dehors des urnes après le scrutin se fait de plus en plus compliquée.

L’un des principaux indicateurs est la présidentielle de 2016 au Bénin, où à la fermeture des bureaux de vote avec les réseaux sociaux on avait les résultats chiffrés de tous les centres de vote ou tout au moins de la majorité, si non des grands viviers électoraux du pays. Ce qui permettait déjà d’avoir idée de la tendance. Et pieds et mains liés, les instances d’organisation des élections et du contentieux électoral ne pouvaient plus les remettre en cause, sauf à vouloir entacher leur notoriété, et s’offrir en pâture à l’opinion. Ce qui rendait véritablement complexe la tendance qui portait entre-temps à croire qu’on pouvait gagner les élections après le scrutin en dehors des résultats des urnes.

Face à cette évidence, aujourd’hui il y a une nouvelle dynamique mise en scelle dans les pays africains et au Bénin, qui laisse entrevoir une certaine volonté de gagner le scrutin avant même les élections, en écartant simplement de potentiels chalengeurs qui peuvent faire mal, à travers des critères, principes et trouvailles juridico-politiques, qui mettraient en cause leur éligibilité, ou du moins leur candidature, afin de n’être à la ligne de départ des élections.

2019 et 2021 encore si loin, si proches

Au Bénin en 2019, on a vu par exemple l’instauration d’une nouvelle pièce par la Cour constitutionnelle, notamment le Certificat de conformité par la décision DCC n* EL19-001du 1er février 2019, qui a fait que de potentiels partis d’opposition n’ont pas pu aller à cette échéance là. Ce qui a occasionné des violences électorales, avec des morts et blessés graves.

Après 2019, on a vu en 2021 pour la présidentielle une nouvelle pièce instaurée par la Constitution révisée en 2019 par le parlement constitué de deux partis de la mouvance, notamment  »Le Parrainage », que de potentiels candidats n’ont pu obtenir et donc mis sur le carreau. Ce qui a à nouveau occasionné des violences électorales.

*e Quitus Fiscal, pour une nouvelle exclusion en vue ?

Aujourd’hui en 2022, à environ deux mois des législatives du dimanche 08 janvier 2023, il serait prétentieux, et assez naïf de penser que tous les potentiels partis politiques ou candidats qui voudraient participer à cette élection, vont pouvoir passer comme une lettre à la poste, à travers le dépôt de leurs dossiers à la Commission électorale nationale autonome (CENA), pour pouvoir être en ligne de départ à ce scrutin.

Sauf en cas de ‘’libérer’’ le Quitus Fiscal, de façon simple par la structure à charge, ou une volonté politique pour conjurer de potentiels tensions liées juste à la constitution de dossiers de ccandidature. A défaut du chef de l’État, qui peut donner des instructions, comme en 2020 au Municipales et Communales, la Cour constitutionnelle, peut s’autosaisir du dossier, pour préserver le pire.

Si ces cas son possibles, cela ne semble pas évident, car au cœur même de la mouvance des partis satellites qui ne se sont pas encore fondu aux «grands principaux blocs» de la mouvance notamment l’Union Progressiste le Renouveau et le Bloc Républicain, ont urbi et orbi évoqué les difficultés que leurs militants rencontrent pour l’obtention de pièces administratives, dont le Quitus Fiscal.

Si cela se confirme ainsi au dépôt de candidatures de ces partis, ce serait probablement présenté sur deux angles :

Primo, cela peut être présenté comme une caution fondamentale pour exprimer que même des partis de la mouvance ont eu des difficultés.

Deusio, si ces partis ont été écartés après dépôt de candidatures, ce serait une caution présentée à la face de l’opinion pour justifier que ce n’est pas leur appartenance à l’opposition qui a empêché les partis politiques de prendre part à cette élection, mais simplement parce qu’ils n’ont pas fourni les mêmes pièces tout comme certains des partis de la mouvance.

Au regard du climat politique contemporaine du pays considérée depuis ces dernières années comme délétère, et à observer le feu dans le nord du pays avec les incursions répétitives des groupes terroristes, il faudrait véritablement que le Bénin n’en rajoute pas à cette situation d’insécurité en organisant pour une énième fois, une élection à polémique qui va susciter des tensions. Ce serait verser de l’essence sur le feu.

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