Bénin: la cour constitutionnelle rend 02 décisions sur le meurtre de Eloi Dogo

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Saisie de deux recours sur le meurtre de l’étudiant Eloi Dogo confondu à un malfrat et brûlé vif par des populations, la cour constitutionnelle par DCC 22-159 du 28 avril 2022 a jugé l’acte de vindicte populaire dont la victime a été objet, contraire à la constitution.

Dans leur recours, les requérants reprochent à la police d’avoir failli à sa mission de protection du citoyen et ont condamné l’attitude des populations qui ont volontairement donné la mort à un citoyen, au mépris des dispositions constitutionnelles et d’instruments juridiques internationaux ratifiés par le Bénin.

Pour les requérants, les sieurs Fifamin Miguèle Houeto, Landry Angelo Adelakoun, Romaric Jesoukpégo Zinsou et Noël Olivier Koko, la pratique de la vindicte populaire est contraire au principe de présomption d’innocence dont bénéficie toute personne suspectée.

Si dans leur décision les sages de la cour constitutionnelle ont estimé que la police accusée d’avoir failli à sa mission de protection du citoyen n’a pas violé la Constitution, ils ont néanmoins jugé coupable de violation de l’article 35 de la Constitution, le chef du quartier Gbira dans le 3è arrondissement de Parakou. Il est reproché à cette autorité locale d’avoir livré la victime aux populations en s’abstenant de le soustraire à la justice privée alors que ce dernier a été conduit à son domicile par ceux qui l’accusaient.

Précisons que selon l’article 35 de la constitution, « les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun« .

Retour sur les faits…

Etudiant en 3ème année de droit à l’université de Parakou, Eloi Dogo confondu à un braqueur a été brûlé vif le Mercredi 20 Octobre 2021 à Parakou. Originaire de Tchèti dans le Département des Collines, il habitait Waï au quartier Banikanni dans le deuxième arrondissement de Parakou.

Comme la plupart des jeunes étudiants, Eloi Dogo n’avait pas une vie rose, mais il travaillait pour joindre les deux bouts. Il était connu dans la vente de l’essence frelatée avant de rejoindre récemment une structure de microfinance dont il serait le chef d’agence.

C’est en se rendant d’ailleurs tôt ce 20 Octobre à ses occupations, qu’il a été pris dans une embuscade. Des populations l’ont interpellé comme l’auteur d’un braquage qui a eu lieu la veille. Ses tentatives pour se défendre n’ont pas pu lui préserver la vie. Il subira l’épreuve du feu face à une population surexcitée.

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