Au Nigeria, le budget d’investissement 2026 pourrait finir sans un naira dépensé
Le budget d’investissement 2026 du Nigeria pourrait terminer l’exercice sans qu’un seul naira de sa part réellement nouvelle ne soit exécuté. Vanguard rapporte ce lundi 21 septembre qu’un haut responsable du Budget Office prévoit déjà un nouveau report.

Le budget fédéral 2026, promulgué en avril par le président Bola Tinubu, s’élève à 68,32 billions de nairas, dont 32,2 billions pour les dépenses d’investissement. Selon les données rassemblées par Vanguard, environ 16,8 billions de nairas de cette enveloppe correspondent à des dépenses héritées de 2024 et 2025. Le solde destiné aux nouveaux investissements de 2026, évalué à environ 15,5 billions de nairas, n’aurait pas encore été réellement engagé.
La situation place le gouvernement face à une contradiction politique nette. En présentant le projet de budget en décembre 2025, Bola Tinubu avait promis qu’au 31 mars 2026 les engagements d’investissement des exercices antérieurs seraient entièrement financés et clos. Il avait alors assuré qu’à partir d’avril le Nigeria fonctionnerait avec un budget unique, sans chevauchements ni nouveaux reports.
Neuf mois plus tard, le Centre for Social Justice affirmait encore, dans une lettre adressée le 9 septembre au ministre des Finances et aux dirigeants du Parlement, qu’aucun financement n’avait été libéré pour la composante d’investissement du budget 2026. L’organisation indiquait également que la plupart des ministères et agences avaient reçu moins de la moitié des fonds nécessaires pour solder les projets reportés de 2025.
Les retards touchent plusieurs secteurs publics. Lors des auditions budgétaires, le ministère de la Santé avait indiqué n’avoir reçu que 36 millions de nairas sur 218 milliards prévus pour ses investissements 2025. Pour huit ministères examinés par les parlementaires, les décaissements recensés représentaient 9,13 milliards de nairas sur 1,218 billion inscrit au budget. Les autorités ont notamment invoqué la disponibilité réelle de trésorerie, le poids du service de la dette, les retards de contrepartie et les blocages dans les procédures de passation de marchés.
Le Parlement avait déjà prolongé l’exécution de la composante d’investissement du budget 2025 après une première échéance fixée à fin juin. En juin, le chef de la majorité à la Chambre des représentants, Julius Ihonvbere, avait expliqué que des fonds libérés aux ministères restaient inutilisés en raison de retards administratifs et de difficultés d’exécution. La deuxième extension court jusqu’au 30 septembre 2026.




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