Au Burkina, Paul-Henri Sandaogo Damiba bientôt extradé ? Ibrahim Traoré répond

La question de l’extradition de l’ancien président burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba revient avec insistance dans le débat public. À la suite d’une nouvelle tentative de déstabilisation imputée à l’ex-chef de l’État, l’actuel président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a pris la parole pour clarifier la position des autorités burkinabè.

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Au Burkina, Paul-Henri Sandaogo Damiba bientôt extradé ? Ibrahim Traoré répond
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La question de l’extradition de l’ancien président burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba revient avec insistance dans le débat public. À la suite d’une nouvelle tentative de déstabilisation imputée à l’ex-chef de l’État, l’actuel président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a pris la parole pour clarifier la position des autorités burkinabè.

Lors d’une interview diffusée sur la télévision nationale, Ibrahim Traoré a confirmé que des échanges étaient en cours avec les autorités togolaises concernant une éventuelle extradition de Paul-Henri Sandaogo Damiba, réfugié au Togo depuis sa chute. Le président burkinabè a expliqué que ces discussions avaient été relancées à la lumière de nouvelles informations, notamment des soupçons de liens entre le dernier projet de déstabilisation et des groupes terroristes.

« Nous avons repris les discussions avec les autorités togolaises. Ce sont des sujets sensibles qui nécessitent des échanges directs et approfondis », a précisé Traoré pour qui, des rencontres physiques étaient nécessaires pour aller au fond du dossier.

« Je ne rassure pas, j’espère »

Le capitaine Ibrahim Traoré a également insisté sur la retenue observée par son gouvernement depuis le départ de Damiba du pouvoir. Selon lui, les premières autorités de la transition n’ont pas souhaité adopter une posture conflictuelle vis-à-vis d’un ancien président, par respect pour les institutions et dans un souci d’apaisement régional. « Nous n’avons pas voulu, aux premières heures, nous comporter de manière désagréable avec un ancien président », a-t-il déclaré, ajoutant que la coopération avec Lomé avait jusque-là été fluide et transparente.

Interrogé sur la possibilité d’une extradition prochaine, le président du Faso s’est voulu mesuré. Refusant toute promesse hâtive, il a préféré parler d’espoir plutôt que de certitude. « Si je dis que je rassure, j’aurais peut-être menti. Ce n’est pas encore fait. Je préfère dire que j’espère », a-t-il affirmé. Cette prudence laisse planer l’incertitude sur l’issue des discussions, alors que l’opinion publique burkinabè reste attentive à l’évolution du dossier.

Cette prise de parole intervient dans un climat sécuritaire et politique tendu dans l’espace sahélien. Au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), plusieurs partenaires, dont le Mali, ont récemment exprimé leur solidarité avec le Burkina Faso face aux tentatives de déstabilisation de ses institutions. Les regards restent désormais tournés vers Lomé, dont la décision pourrait peser lourdement sur l’avenir judiciaire et politique de Paul-Henri Sandaogo Damiba.

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