Au Bénin, comment la règle de la forte moyenne détermine l’attribution des sièges à l’Assemblée nationale

Après le vote du 11 janvier 2026, la compréhension des résultats passe par un mécanisme clé du Code électoral : la règle de la plus forte moyenne. Peu connue du grand public, cette méthode joue pourtant un rôle déterminant dans l’attribution finale des sièges à l’Assemblée nationale.

Le · MàJ le
Politique
1 848vues
Au Bénin, comment la règle de la forte moyenne détermine l’attribution des sièges à l’Assemblée nationale
2 min de lecture
Google News

Après le vote du 11 janvier 2026, la compréhension des résultats passe par un mécanisme clé du Code électoral : la règle de la plus forte moyenne. Peu connue du grand public, cette méthode joue pourtant un rôle déterminant dans l’attribution finale des sièges à l’Assemblée nationale.

Une fois les bureaux de vote fermés et les suffrages dépouillés, l’enjeu ne se limite pas au nombre de voix obtenues par chaque liste. Au Bénin, la répartition des sièges à l’Assemblée nationale obéit à un mécanisme précis prévu par le Code électoral modifié : la règle de la plus forte moyenne. Une méthode mathématique qui influence directement la composition du Parlement.

Pour les élections législatives, 109 sièges sont à pourvoir dans les 24 circonscriptions électorales du pays. Sur ce total, 85 sièges sont attribués directement aux circonscriptions en fonction de leur poids démographique et administratif. Les sièges restants sont ensuite répartis selon la règle de la plus forte moyenne, afin d’affiner la représentation des listes éligibles.

Mais avant même d’entrer dans ce calcul, une condition essentielle doit être remplie. L’article 146 nouveau du Code électoral est explicite : « Seules sont éligibles à l’attribution des sièges, les listes ayant recueilli au moins vingt pour cent (20 %) des suffrages valablement exprimés dans chacune des circonscriptions électorales législatives». Seules les listes qui franchissent ce seuil peuvent donc participer à la répartition des sièges, y compris ceux attribués par la plus forte moyenne.

Concrètement, la méthode de la plus forte moyenne consiste à diviser le nombre total de voix obtenues par chaque liste éligible par une série de diviseurs (1, 2, 3, etc.). Les sièges sont ensuite attribués aux listes ayant obtenu les moyennes les plus élevées, jusqu’à épuisement du nombre de sièges disponibles. Ce système permet d’opérer une répartition proportionnelle tout en favorisant les listes ayant obtenu des scores élevés.

Cette règle a pour effet de consolider la position des partis arrivés en tête dans une circonscription, tout en limitant l’accès des listes plus faibles, même lorsqu’elles franchissent le seuil requis. Elle contribue ainsi à structurer le paysage parlementaire autour de formations politiques disposant d’une base électorale solide.

Pour les électeurs, cette méthode reste souvent difficile à comprendre, car elle ne repose pas uniquement sur un calcul direct entre voix et sièges. Deux listes ayant des scores proches peuvent obtenir un nombre de députés différent en fonction de l’ordre des moyennes retenues. C’est pourquoi la publication détaillée des résultats par la Commission électorale nationale autonome (CENA) est essentielle pour assurer la transparence du processus.

En définitive, la règle de la plus forte moyenne est un élément central du système électoral béninois. Elle permet de traduire les suffrages exprimés en sièges parlementaires, tout en influençant les équilibres politiques au sein de l’Assemblée nationale. Un mécanisme discret, mais décisif, dans la lecture finale des résultats issus des urnes.

Articles liés