Arabie saoudite : pacte militaire imminent avec deux pays africains
Chapo : L’Arabie saoudite négocierait un accord inédit avec Mogadiscio pour renforcer la sécurité et les capacités militaires de la Somalie, marquant un tournant après des années de soutien essentiellement diplomatique. Cette démarche intervient dans un contexte régional marqué par des rivalités d’influence dans la Corne de l’Afrique et par la recrudescence de la menace djihadiste d’Al-Shabaab.

Chapo : L’Arabie saoudite négocierait un accord inédit avec Mogadiscio pour renforcer la sécurité et les capacités militaires de la Somalie, marquant un tournant après des années de soutien essentiellement diplomatique. Cette démarche intervient dans un contexte régional marqué par des rivalités d’influence dans la Corne de l’Afrique et par la recrudescence de la menace djihadiste d’Al-Shabaab.
Selon un porte-parole du gouvernement somalien, des discussions sont en cours avec Riyad pour sceller un partenariat de sécurité, sans que davantage de détails n’aient été fournis. Les représentants officiels saoudiens et égyptiens n’avaient pas répondu, au moment de la publication, aux demandes de commentaire formulées par nos services.
Ce pacte, s’il se concrétise, représenterait le premier effort direct et significatif de l’Arabie saoudite visant à doter la Somalie de moyens de défense et de sécurité concrets, après des années où l’appui saoudien s’est surtout traduit par des déclarations en faveur de l’intégrité territoriale somalienne et par un soutien politique dans la lutte contre le groupe islamiste Al-Shabaab.
Un renforcement ciblé face à Al-Shabaab
La Somalie fait face depuis plus d’une décennie à l’insurrection d’Al-Shabaab, affilié à Al-Qaïda, qui contrôle encore des zones rurales et multiplie attaques et attentats dans les centres urbains. Mogadiscio revendique régulièrement la nécessité d’un renforcement des capacités militaires et sécuritaires pour reprendre le contrôle des territoires et sécuriser les axes de communication.
Les autorités somaliennes cherchent des partenaires capables de former les forces armées, fournir un appui logistique et contribuer à la sécurité maritime, essentielle pour lutter contre les trafics et les attaques dans le golfe d’Aden et la mer Rouge. Un accord avec Riyad serait perçu comme une réponse à ces besoins opérationnels, bien que les contours précis — formation, équipements, implantations ou bases — restent, pour l’heure, flous.
Contexte régional et réactions diplomatiques
La région de la Corne de l’Afrique est devenue ces dernières années un terrain d’influence pour plusieurs puissances du Golfe et acteurs extérieurs. Les Émirats arabes unis ont accru leur présence en investissant dans des infrastructures portuaires, notamment à Berbera, dans le Somaliland, et à Bosaso, dans la région semi-autonome de Puntland, et en soutenant diverses factions en Libye et au Soudan.
La dynamique entre Mogadiscio et Abu Dhabi s’est récemment tendue, en partie après la décision d’Israël de reconnaître le Somaliland — entité autoproclamée indépendante depuis 1991 mais non reconnue internationalement. Cette reconnaissance a été rapidement condamnée par Riyad, Le Caire et Ankara. L’Organisation de la coopération islamique (siège à Djeddah) a elle aussi dénoncé cette décision, la qualifiant de « menace directe pour la paix et la sécurité de la Corne de l’Afrique et de la région de la mer Rouge ».
Face à ces évolutions, la Somalie multiplie les démarches diplomatiques pour diversifier ses partenariats et renforcer sa capacité à contrer les menaces internes et externes. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si l’accord avec l’Arabie saoudite aboutira et quel impact il aura sur l’équilibre régional.



