Anne Vedovini craint une « prochaine attaque » à quelques heures du procès de l’incendiaire de sa maison

Disparition d’Émile Soleil : trois ans après la disparition du petit Émile, âgé de deux ans et demi le 8 juillet 2023, le procès lié à l’incendie de la résidence secondaire des grands-parents s’ouvre le mardi 7 juillet à 14h00 au tribunal correctionnel de Digne-les-Bains. Sur le banc des accusés figure Roland W., 78 ans, soupçonné d’avoir volontairement incendié la maison des Vedovini au Vernet en mai dernier. Pour la première fois, Anne et Philippe Vedovini comparaissent non plus comme mis en cause mais comme victimes reconnues.

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Anne Vedovini craint une « prochaine attaque » à quelques heures du procès de l’incendiaire de sa maison
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Le septuagénaire, retraité marseillais sans antécédent judiciaire ou psychiatrique connu, est placé en détention provisoire depuis le 18 mai à la maison d’arrêt de Digne-les-Bains. Selon les éléments révélés par l’instruction, il se serait présenté comme un journaliste néerlandais travaillant sur l’affaire Émile afin d’obtenir des renseignements auprès d’habitants du hameau. Les enquêteurs lui reprochent d’avoir déclenché, le 15 mai au soir, des départs de feu en cinq points distincts de la maison des Vedovini.

Un jeune voisin, rentrant du travail, a donné l’alerte et empêché la propagation des flammes vers les habitations voisines ; ce témoin est identifié comme Tom A., déjà intervenu dans le dossier pour avoir aperçu Émile le jour de sa disparition. Interpellé rapidement, Roland W. a d’abord nié les faits avant de reconnaître sa responsabilité lors de sa présentation devant la juge des libertés et de la détention. D’après une source judiciaire, il resterait persuadé de la responsabilité des grands-parents dans la mort de l’enfant et justifierait son acte par une prétendue volonté d’« aider la justice », position qu’il aurait maintenue dans un courrier adressé à sa fille et consulté par les magistrats.

Réparations, menaces et volet expertise ADN

La famille Vedovini déplore un lourd coût matériel et psychologique. Les travaux de rénovation et de décontamination de la maison ont été chiffrés à plus de 70 000 euros ; la demeure est de nouveau jugée habitable et la famille prévoit d’y retrouver certaines habitudes estivales. La grand-mère, Anne Vedovini, hésite toutefois à se rendre aux audiences : elle affirme craindre une nouvelle attaque et dit ressentir un épuisement général lié au dossier.

La tension s’est accrue par plusieurs incidents jugés inquiétants par les proches : le 7 juin, un inconnu s’est présenté à la chapelle des Pénitents Gris d’Aix-en-Provence, fréquentée par les Vedovini, pour interroger des fidèles sur leur identité ; un signalement a été déposé à la gendarmerie de Roquevaire. Des menaces et des appels au meurtre circulent également en ligne depuis l’incendie, selon la famille et son conseil.

Pour Maître Isabelle Colombani, avocate de Philippe Vedovini, l’incendie illustre le passage possible des menaces anonymes au passage à l’acte. Maître Julien Pinelli, conseil d’Anne Vedovini, demande une reconnaissance définitive du statut de victime pour sa cliente, estimant que le risque de « nouveaux passages à l’acte » subsiste tant que le doute n’est pas levé sur leur implication. Le parquet d’Aix-en-Provence n’a pas souhaité faire de commentaire public.

Sur le plan scientifique, l’instruction mentionne des auditions ponctuelles et l’attente des résultats d’une centaine de prélèvements ADN, destinés à être comparés aux traces relevées sur des courriers et sur les restes de l’enfant. « Le temps judiciaire est beaucoup plus long que le temps médiatique », rappelle une source proche du dossier.

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