Agriculture au Bénin : Adin Bloukounon Goubalan fixe huit priorités dès sa prise de fonction
Adin Yéton Bloukounon Goubalan a officiellement pris la tête du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, succédant à Gaston Cossi Dossouhoui après près de neuf ans de gestion. Chercheur international spécialisé en fertilité des sols et ancien cadre de la FAO, il a fixé huit priorités pour transformer le secteur agricole béninois, avec un accent sur l’eau, les sols, l’élevage, la pêche, l’agro-industrialisation, le numérique et la protection sociale des acteurs.

Adin Yéton Bloukounon Goubalan a pris officiellement les rênes du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche mardi 26 mai au bâtiment F de la cité ministérielle à Cotonou, lors d’une cérémonie de passation de service avec le ministre sortant Gaston Cossi Dossouhoui, en poste depuis le 30 octobre 2017. Devant les cadres du ministère et les représentants syndicaux, le nouveau titulaire a décliné huit priorités et annoncé que son mandat serait celui de « la coopération et du développement du Bénin Vert ».
Les huit axes qu’il a énumérés sont : la transformation profonde des filières agricoles prioritaires, la révolution de l’eau agricole, la restauration de la fertilité des sols, la modernisation de l’élevage, la transformation totale du sous-secteur pêche, l’accélération de l’agro-industrialisation, la numérisation de l’agriculture béninoise et la protection sociale des acteurs du secteur. Pour les financer, il a indiqué vouloir combiner « partenariats privés, financement public, coopération Sud-Sud et triangulaire, partenariats multilatéraux et bilatéraux et fonds innovants ». Il a fixé comme mot d’ordre de sa gouvernance « discipline, innovation, proximité avec les acteurs et culture obligatoire du résultat ».
Gaston Dossouhoui, qui quitte le portefeuille après près de neuf ans, a précisé avoir consacré la matinée à débriefer son successeur avec les membres de son cabinet sur les dossiers en cours, ajoutant : « Je ne voulais pas signer tout simplement le procès-verbal de circonstance. » Il a adressé ses vœux de succès au nouveau chef de l’État et à Bloukounon Goubalan, lui indiquant que « le secteur est vaste et fumant, avec des compétences variées. Mais avec l’organisation et la méthode, vous réussirez. Les acteurs sont prêts. »
Un chercheur international à la tête d’un ministère stratégique
Adin Yéton Bloukounon Goubalan est docteur en fertilité durable des sols et nutrition des plantes. Avant sa nomination, il exerçait comme chargé de l’agriculture au bureau sous-régional de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, basé à Dakar. Il a conduit pendant plusieurs années des travaux de recherche à l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), dont le siège régional est à Ibadan (Nigeria), portant notamment sur les filières semencières, la protection des végétaux et la valorisation des résidus agricoles. Il figure parmi les auteurs d’une étude de référence publiée par la FAO en 2024 sur le secteur semencier béninois. En mai 2026, il avait été distingué comme « Homme de l’année » au Sénégal pour la qualité de ses contributions scientifiques et techniques dans les programmes de la FAO.
Son profil tranche avec celui de son prédécesseur, Gaston Dossouhoui, administrateur de formation dont le mandat avait été marqué par le déploiement des Programmes d’action de développement des filières agricoles (PADFA) et le lancement, le 23 avril 2026, de la campagne agricole 2026-2027 sous le signe de la compétitivité et de la durabilité. La nomination d’un chercheur international sans antécédent politique visible s’inscrit dans la logique technocratique affichée par le gouvernement Wadagni, qui compte plusieurs profils issus des organisations internationales à des portefeuilles sectoriels clés.
Un secteur pilier en dynamique récente
L’agriculture représente une part centrale de l’économie béninoise. Le coton reste la première culture d’exportation du pays, le Bénin figurant parmi les cinq premiers producteurs africains. La campagne 2026-2027 lancée par Dossouhoui visait à accentuer la croissance dans les filières céréalières, tubercules, légumineuses et coton, avec un accent sur la mécanisation. Un abattoir d’envergure régionale avait été inauguré à Kandi, dans le département de l’Alibori, présenté par le gouvernement Talon comme unique en Afrique de l’Ouest pour sa capacité de transformation.
Le représentant des syndicats présent à la cérémonie a salué le bilan de Dossouhoui tout en soumettant « quelques préoccupations majeures » à l’intention du ministre entrant, sans en préciser la teneur dans le compte rendu officiel publié par la présidence.
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