Afrique : EXIM prépare près de 100 millions $ pour les réseaux d’Africell
Les États-Unis préparent un prêt de près de 100 millions de dollars à Africell pour moderniser les réseaux de l’opérateur dans quatre pays africains. Le financement doit être accordé par l’Export-Import Bank of the United States (EXIM) et servir à l’achat d’équipements auprès de fournisseurs américains et alliés.

Reuters a rapporté vendredi 11 septembre 2026 que l’opération est en cours de finalisation, en citant une personne au fait du dossier et un projet de communiqué officiel. Le document prévoit que les fonds soutiennent les investissements d’Africell dans les technologies de réseau mobile les plus récentes.
Le projet s’inscrit dans une démarche engagée depuis plusieurs années. EXIM avait indiqué en 2023 poursuivre ses vérifications sur une nouvelle transaction destinée à soutenir l’expansion des services sans fil d’Africell, tandis que l’opérateur a ensuite fait état d’un engagement préliminaire de 100 millions de dollars pour étendre ses réseaux en Angola et en RD Congo.
Le financement intervient sur fond de rivalité technologique entre Washington et Pékin. Selon Reuters, Huawei représente environ 52 % du marché africain des infrastructures 5G, d’après Counterpoint Research. Les autorités américaines poussent depuis plusieurs années l’utilisation d’équipements de télécommunications provenant de fournisseurs qu’elles jugent fiables, tandis que Huawei rejette les accusations américaines mettant en cause la sécurité de ses équipements.
Quatre marchés africains concernés
Africell exploite des réseaux en Angola, en Gambie, en RD Congo et en Sierra Leone. Reuters chiffre à environ 15 millions le nombre d’utilisateurs servis par le groupe sur ces quatre marchés.
Le prêt doit permettre à l’opérateur d’acheter des équipements de réseau auprès d’entreprises américaines et de partenaires alliés. Africell travaille déjà avec plusieurs fournisseurs occidentaux dans ses infrastructures numériques et se présente comme le seul grand opérateur mobile à capitaux américains actif sur le continent.
Le groupe a déjà bénéficié d’un financement américain de 100 millions de dollars, accordé initialement par l’Overseas Private Investment Corporation, devenue ensuite la U.S. International Development Finance Corporation. Cette facilité avait servi à développer ses infrastructures dans plusieurs marchés africains avant son expansion en Angola.
EXIM veut renforcer les exportations technologiques américaines
EXIM est l’agence officielle de crédit à l’exportation des États-Unis. Elle accorde des prêts, garanties et assurances pour soutenir les ventes de biens et services américains à l’étranger, avec un mandat spécifique de développement de ses financements en Afrique subsaharienne.
Le nouveau financement d’Africell doit prolonger cette stratégie dans les infrastructures numériques. S’il est finalisé selon les modalités annoncées, il financera directement la modernisation de réseaux mobiles couvrant l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et l’Afrique australe.
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