Afrique : Africa CDC renforce sa riposte aux rumeurs après plus de 80 morts

La désinformation en Afrique est devenue un risque direct pour la santé et la sécurité des populations. Entre octobre 2025 et juillet 2026, plus de 80 personnes ont été tuées dans six pays après de fausses accusations de « vol d’organes génitaux », un type de rumeur sans fondement médical qui a déclenché des agressions collectives.

Parfait Nougbotin
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Santé
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Afrique : Africa CDC renforce sa riposte aux rumeurs après plus de 80 morts
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Le décompte, établi par la BBC Global Disinformation Unit à partir de données policières, montre que ces accusations ont circulé dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est, centrale et australe. Au Kenya, cinq personnes ont été tuées sur la côte, tandis que le Malawi a enregistré huit morts. Au Mozambique, les autorités ont fait état de dizaines de victimes lors d’une flambée de violences liée aux mêmes rumeurs.

La diffusion de contenus non vérifiés sur les réseaux sociaux a accéléré la propagation de ces alertes. Pour Africa CDC, le phénomène ne relève plus seulement de la communication : les rumeurs peuvent affaiblir la confiance dans les autorités sanitaires, perturber les campagnes de prévention et compliquer la réponse aux épidémies.

C’est dans ce contexte qu’un atelier continental consacré au système BIIM s’est tenu à Mombasa, au Kenya, avec des représentants du Kenya, de la Mauritanie, du Ghana, de la Sierra Leone, du Zimbabwe et du Burundi. L’objectif est d’harmoniser la manière dont les pays détectent, vérifient et traitent les signaux susceptibles d’affecter les comportements de santé.

BIIM, un outil de veille communautaire

BIIM associe l’écoute sociale, les retours des communautés, les données comportementales et les signaux remontant des services de santé. Africa CDC veut en faire un dispositif structuré permettant aux États de transformer plus rapidement les rumeurs et les perceptions en informations utiles à la décision.

En Afrique de l’Ouest, la Sierra Leone, la Gambie et le Ghana ont déjà commencé à mettre en œuvre le dispositif, tandis que le Cap-Vert et la Côte d’Ivoire figurent parmi les prochaines étapes annoncées. Le programme InfoCheck 2026 au Bénin s’inscrit dans le même effort de lutte contre la désinformation. Le cadre continental 2026-2030 d’Africa CDC prévoit plus largement d’institutionnaliser l’intelligence comportementale et la gestion de l’infodémie dans les systèmes de santé.

Le défi est particulièrement sensible pendant les flambées épidémiques, comme l’illustre la riposte à Ebola en RDC face au refus de certains tests. Une information fausse peut détourner des patients des structures de soins, alimenter la défiance envers les équipes médicales ou provoquer des comportements dangereux avant même qu’un démenti officiel ne circule.

La prochaine étape sera donc d’intégrer ces mécanismes dans les systèmes nationaux de surveillance et de réponse. Pour Africa CDC, l’enjeu est de détecter une rumeur suffisamment tôt pour empêcher qu’elle ne devienne un obstacle à la santé publique ou un facteur de violence.

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