Affaire 49 militaires ivoiriens: le Mali met en garde la Côte d’Ivoire contre toute instrumentalisation de la CEDEAO

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L’affaire des soldats ivoiriens détenus à Bamako continue d’enflammer les tensions entre la Côte d’Ivoire et le Mali. Après la décision de la Côte d’Ivoire qui a jugé « inacceptable » l’attitude du Mali, Bamako a averti Abidjan contre toute instrumentalisation de la CEDEAO, insistant qu’il ne cédera à aucun chantage ou intimidation.

Le Mali a déploré jeudi, le communiqué du Conseil National de Sécurité de la Côte d’Ivoire, tenu le mercredi 14 septembre 2022, au sujet des 49 soldats ivoiriens, arrêtés à l’Aéroport international président Modibo Keita Bamako-Senou le 10 juillet 2022 et contre lesquels la justice malienne a ouvert une procédure d’information judiciaire pour des faits graves touchant entre autres, à la sécurité nationale et à la sureté extérieure de l’Etat.

Dans son communiqué, le Mali a rappelé à l’opinion publique nationale et internationale que, par Communiqué N°034 du 11 juillet 2022, il a expliqué en détails, « les conditions illégales dans lesquelles ces forces étrangères, dont une trentaine des forces spéciales, sont arrivées au Mali en possession d’armes et de minutions de guerre, sans ordre de mission, ni autorisation, tout en dissimulant les identités et leurs professions réelles de militaires ainsi que l’objet précis de leur présence sur le sol malien ».

Le flou autour des soldats


Contrairement à la déclaration des Autorités ivoiriennes, la MINUSMA, officiellement saisie du statut de ces militaires par le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale avait clairement indiqué dans sa note verbale référencée: MINUSMA/PROT/NV/226/2022 du 27 juillet 2022, que ces soldats ne faisaient pas partie des éléments nationaux de soutien. Par conséquent, aucune base légale ne saurait, à présent, justifier, ni leur présence, encore moins leur mission au Mali.

De même, le Directeur en charge des questions africaines au Ministère des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne, reçu en audience le lundi 07 août 2022 au Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, avait clairement indiqué qu’aucune Agence allemande, encore moins le Gouvernement, n’avait de lien contractuel avec les « éléments ivoiriens arrêtés à l’aéroport « . Par conséquent, son pays n’avait rien à y voir, ni de près ni de loin, avec les personnes arrêtées.

« Malgré la gravité des faits qui entourent cette affaire, le Mali a bien voulu accompagner les efforts de médiation de la République Togolaise, unique cadre de règlement du dossier des 49 mercenaires ivoiriens », indique le communiqué de Bamako.

« La Côte d’Ivoire vient de se dédire en l’espace de 11 jours »


Dans le communiqué du Conseil National de Sécurité du 14 Septembre 2022, le gouvernement ivoirien insiste sur son innocence et celle des 49 militaires arrêtés. En conséquence, Bamako note avec une profonde stupéfaction que le gouvernement ivoirien vient de se dédire en l’espace de 11 jours.

En effet, argumentent les autorités maliennes, « il a reconnu sa responsabilité dans sa déclaration officielle lue par le Ministre Directeur de Cabinet du Président de la République de Côte d’Ivoire, Monsieur Fidèle Sarassoro, le 03 septembre 2022 à Lomé en ces termes : « la Côte d’Ivoire déplore que des manquements et des incompréhensions aient été à l’origine de cet évènement fortement regrettable. La Côte d’Ivoire, soucieuse de maintenir des relations de bon voisinage avec le Mali, s’engage à respecter les procédures des Nations Unies, ainsi que les nouvelles règles et dispositions maliennes édictées relatives au déploiement des forces militaires au Mali >>.

« Un tel revirement grave de la part d’autorités étatiques ne visent qu’à manipuler et à entraver la manifestation de la vérité », dénonce Bamako, ajoutant qu’animé d’une volonté d’adversité, le gouvernement ivoirien accuse le Mali d’avoir pris en otage les militaires ivoiriens, en faisant fi des conditions obscures et des manquements ayant entraîné l’inculpation par la justice maline des 49 mercenaires ivoiriens.


Le Mali souligne à cet effet, que c’est exclusivement en sa qualité de président du Conseil Supérieur de la Magistrature que le Colonel Assimi Goïta, président de la Transition, a indiqué à la partie ivoirienne, la nécessité de considérer la situation de certains Maliens, objet de mandats d’arrêt internationaux. « C’est cette attitude responsable du président de la Transition qui a été malheureusement perçue par les autorités ivoiriennes comme une prise d’otages ».

Bamako avertit Abidjan

A la décision du gouvernement ivoirien d’avoir transformé un dossier judiciaire en une crise diplomatique et par conséquent de saisir la CEDEAO, le Mali a souligné qu’il n’est nullement concerné par cette procédure devant l’instance communautaire.

Aussi, il indique à la CEDEAO que l’affaire des 49 mercenaires ivoiriens est purement judiciaire et bilatérale, il met en garde contre toute instrumentalisation de la CEDEAO par les autorités ivoiriennes pour se soustraire de leur responsabilité, vis-à-vis du Mali.

Le Mali, tout en réitérant son attachement à la paix, à la sécurité et aux relations séculaires de bon voisinage, précise que pour le respect de sa souveraineté, sa sécurité nationale et aux intérêts vitaux de son peuple, il ne cédera à aucun chantage ou intimidation.

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