Une sixième année de déficit mondial pour le caoutchouc naturel, l’offre insuffisante face à la demande

Le marché du caoutchouc naturel reste en tension et s’apprête à enregistrer une nouvelle année déficitaire : l’approvisionnement mondial peine à suivre la vigueur de la demande. Les livraisons devraient toutefois progresser de l’ordre de 2 % pour atteindre environ 15,2 millions de tonnes cette année, après une augmentation plus modeste de 1,4 % l’an précédent.

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Une sixième année de déficit mondial pour le caoutchouc naturel, l’offre insuffisante face à la demande
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Le marché du caoutchouc naturel reste en tension et s’apprête à enregistrer une nouvelle année déficitaire : l’approvisionnement mondial peine à suivre la vigueur de la demande. Les livraisons devraient toutefois progresser de l’ordre de 2 % pour atteindre environ 15,2 millions de tonnes cette année, après une augmentation plus modeste de 1,4 % l’an précédent.

Plusieurs facteurs expliquent ce recul structurel de l’offre : des cours durablement bas qui n’ont pas encouragé les producteurs, des épisodes climatiques défavorables et une rénovation insuffisante des plantations. À cela s’ajoutent des pertes de rendement sévères — de l’ordre de 30 à 35 % dans certains pays — imputées à une maladie affectant le feuillage des arbres.

Sur le plan géographique, la Thaïlande, leader mondial, devrait maintenir sa production, mais l’Indonésie, deuxième rang mondial, poursuit une trajectoire descendante. Les plantations y souffrent non seulement de problèmes phytosanitaires, mais aussi de la concurrence d’autres cultures rentables comme le palmier à huile.

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Alors que les zones d’Asie du Sud-Est, qui concentraient environ 64 % de la production en 2024, montrent des signes de faiblesse, l’Afrique de l’Ouest gagne du terrain : la Côte d’Ivoire émerge désormais comme un acteur majeur et se rapproche du podium mondial, au détriment du Vietnam.

Les ambitions ivoiriennes pour l’hévéa

Abidjan a lancé une stratégie volontariste en faveur de l’hévéaculture, visant notamment à augmenter les superficies plantées de 500 000 hectares sur la prochaine décennie. Les responsables nationaux estiment que ce développement est motivé par une demande mondiale réelle et que la filière représente une source importante de revenus pour de nombreuses familles rurales.

Les exportations ivoiriennes de caoutchouc ont connu une progression notable ces dernières années, mais cette montée en puissance ne suffit pas encore à compenser le manque à gagner créé par la baisse de production en Asie.

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Du côté de la demande, les perspectives pour 2026 laissent entrevoir une légère accélération : les besoins mondiaux sont projetés en hausse d’environ 1,7 %, soit près de 15,6 millions de tonnes. Parmi les moteurs attendus figurent une augmentation des livraisons de pneumatiques vers les États-Unis, une remontée des immatriculations en Europe et le maintien d’incitations publiques à l’achat de véhicules électriques en Chine.

Par ailleurs, l’Inde apparaît de plus en plus comme un relais de croissance important, sa production intérieure n’étant pas en mesure de satisfaire la demande nationale. L’accord conclu fin janvier entre l’Union européenne et l’Inde, qui prévoit la suppression progressive des droits de douane européens sur certains produits en caoutchouc, constitue un facteur supplémentaire susceptible de soutenir les importations à moyen terme.

À plus long terme, plusieurs études anticipent une demande annuelle en hausse de l’ordre de 4 % et plus jusqu’en 2030. Depuis le début de l’année, les prix témoignent déjà de cette tension : ils ont progressé d’environ 5 %, reflétant la pression continue entre besoins croissants et offre contrainte.

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