UMOA : le taux de dégradation du portefeuille des microfinances recule à 7,5 % fin 2025
Les institutions de microfinance de l’Union monétaire ouest-africaine ont enregistré une amélioration de la qualité de leur portefeuille de crédits à la fin de l’année 2025. Le taux brut de dégradation est ressorti à 7,5 %, contre 8,9 % un an auparavant, mais demeure nettement supérieur à la norme de 3 % généralement admise dans le secteur.

La qualité du portefeuille de crédits des institutions de microfinance de l’Union monétaire ouest-africaine s’est améliorée en 2025. À fin décembre, le taux brut de dégradation s’est établi à 7,5 %, contre 8,9 % à la même période de 2024, selon les données publiées par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.
Cette évolution représente un recul de 1,4 point de pourcentage en un an. Sur le seul quatrième trimestre, l’amélioration est plus marquée, le taux étant passé de 10,3 % à fin septembre à 7,5 % trois mois plus tard.
Le taux brut de dégradation mesure la part des créances en souffrance dans l’ensemble des crédits accordés. Sa diminution traduit donc un recul relatif des prêts confrontés à des retards ou à des difficultés de remboursement.
Les créances en souffrance reculent de 68,2 milliards de FCFA
L’amélioration observée au dernier trimestre s’explique principalement par la baisse des créances en souffrance. Leur encours est passé de 287,2 milliards de FCFA en septembre à 219 milliards de FCFA en décembre 2025.
La diminution atteint ainsi 68,2 milliards de FCFA en trois mois, soit 23,7 %. Elle intervient alors que l’encours total des crédits accordés par les institutions de microfinance a progressé de 5,5 % au cours du trimestre, pour atteindre 2 937,2 milliards de FCFA. Sur un an, les crédits distribués ont augmenté de 9 %.
Malgré cette évolution favorable, le taux de 7,5 % demeure supérieur de 4,5 points à la norme de 3 % généralement admise dans le secteur de la microfinance. La maîtrise du risque de crédit reste donc l’un des principaux défis des institutions de l’Union.
Une proportion élevée de créances en souffrance peut peser sur les résultats des établissements, accroître leurs besoins de provisionnement et réduire leur capacité à octroyer de nouveaux financements aux ménages, aux commerçants et aux petites entreprises.
À fin décembre 2025, l’UMOA comptait 524 institutions de microfinance, contre 527 trois mois plus tôt. Elles desservaient plus de 20,37 millions de clients à travers 4 838 points de services répartis dans les huit États membres de l’Union. Le nombre de bénéficiaires a progressé de 6,6 % sur un an.
Les dépôts collectés par le secteur ont atteint 2 793,1 milliards de FCFA, en hausse de 13,6 % en glissement annuel. La BCEAO relève également la poursuite de la croissance des ouvertures de comptes, de la collecte de l’épargne et de l’octroi de crédits.
Les chiffres publiés reposent sur des estimations établies à partir des données de 190 institutions représentant plus de 90 % des opérations de dépôts et de crédits du secteur de la finance décentralisée dans l’UMOA.
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