Tunisie : Saadia Mosbah condamnée, ses avocats dénoncent une décision politique

Le comité de défense de la militante antiraciste tunisienne Saadia Mosbah, 66 ans, a tenu une conférence de presse à Tunis pour dénoncer sa condamnation. Elle a été jugée le 19 mars 2026 et condamnée à huit ans de détention ainsi qu’à une amende de 100 000 dinars (environ 30 000 euros). La date de l’audience en appel n’a pas encore été fixée.

Le · MàJ le
Actus
99vues
Tunisie : Saadia Mosbah condamnée, ses avocats dénoncent une décision politique
Publicité
2 min de lecture
Google News

Réunis au siège du syndicat des journalistes, ses avocats ont qualifié le dossier de vide et la décision de politique répressive visant son engagement en faveur des droits des migrants. Ils estiment que les accusations portées — blanchiment d’argent, malversations et irrégularités fiscales — ne reposent sur aucune preuve tangible.

Pour l’équipe de défense, la sévérité de la peine contraste avec les décisions prises récemment à l’égard d’autres acteurs travaillant sur la migration, qui ont parfois été libérés. Ils dénoncent ce traitement comme une sanction dirigée contre une figure connue pour ses combats contre le racisme.

Les avocates et avocats insistent aussi sur l’élément identitaire : selon eux, le statut de militante et le fait qu’elle soit une femme de couleur expliquent en partie l’exceptionnelle rigueur du jugement à son encontre.

Publicité

Réactions d’ONG et mise en perspective

Romdhane Ben Amor, porte-parole du Forum des droits économiques et sociaux, a regretté la criminalisation croissante des membres de la société civile tout en appelant à l’obtention, a minima, de la liberté pour Saadia Mosbah comme cela a pu être le cas pour d’autres militants. Il demeure incertain quant à l’issue d’un éventuel appel.

Le cas s’inscrit dans un contexte plus large : un autre militant impliqué dans les dossiers de migration, Abdallah Said, membre de l’association Les enfants de la Lune, est détenu depuis 2024. Poursuivi lui aussi pour blanchiment et accusé de complot contre la sûreté de l’État, son procès est programmé dans le sud du pays le 21 avril 2026.

Articles liés

Merci pour votre lecture — publicité