Tunisie : lancement d’un corridor commercial vers l’Afrique subsaharienne

Lors du Forum d’affaires tuniso-nigérien, le ministre du Commerce Samir Abid a dévoilé, le mercredi 1er avril 2026, un projet de corridor commercial en partenariat avec la Libye. L’initiative vise à faciliter les flux commerciaux entre la Tunisie et plusieurs États d’Afrique subsaharienne, parmi lesquels le Niger, le Burkina Faso et le Tchad.

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Tunisie : lancement d’un corridor commercial vers l’Afrique subsaharienne
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La Tunisie nourrit l’ambition d’intensifier ses échanges à l’échelle du continent, alors que ses exportations vers l’Afrique subsaharienne sont restées modestes : moins de 2 milliards de dinars en 2024 (environ 600 millions d’euros). Un tel corridor est présenté comme un levier pour renforcer ces relations, même si des obstacles demeurent.

Djimadoum Mandekor, économiste tchadien et ancien cadre à la Commission de l’Union africaine, accueille favorablement cette orientation. Selon lui, l’objectif principal est de dynamiser le commerce intra‑africain — secteur qui représente aujourd’hui une part très réduite du commerce mondial, aux alentours de 3 %.

Pour les promoteurs du projet, il s’agit donc de créer des couloirs logistiques et commerciaux plus fluides afin d’augmenter le volume et la diversité des échanges entre pays africains.

Un repositionnement qui marque un éloignement vis‑à‑vis de l’Europe

Ce recentrage sur le marché africain s’accompagne d’un déplacement stratégique : Tunis semble s’éloigner de son partenariat historique avec l’Europe pour privilégier des liens renforcés au sein du continent africain.

Majid Bouden, avocat et économiste aux doubles références franco‑tunisiennes, estime que la mise en place d’un corridor terrestre porte d’abord une dimension politique. Il rappelle l’existence d’un projet de l’Union du Maghreb arabe (UMA) et signale que la Tunisie a choisi de limiter certaines formes de coopération avec le Maroc, optant pour des orientations qui peuvent être perçues comme divergentes par rapport aux positions européennes.

Pour Bouden, ces choix politiques ont façonné les options économiques du pays : la faiblesse actuelle des échanges extérieurs résulterait en partie de directives stratégiques qui privilégient des considérations idéologiques.

Il ajoute que la réussite d’un tel corridor dépendra aussi de la capacité de la Tunisie à rétablir la confiance auprès de ses partenaires africains, une relation fragilisée selon lui par plusieurs décisions politico‑sécuritaires, notamment celles touchant aux politiques migratoires.

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