Togo : Les créances douteuses dans le secteur bancaire ont presque doublé en 2025

Réuni le 23 mars à Lomé, le Conseil National du Crédit (CNC) a fait état d’un double constat : une augmentation sensible des octrois de crédit mais aussi une détérioration marquée du portefeuille bancaire. Les nouveaux prêts bancaires ont progressé de 15% sur un an pour atteindre 1 111 milliards FCFA en 2025, tandis que le taux brut de créances douteuses est passé de 7% en 2024 à 13% en 2025.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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Economie
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Togo : Les créances douteuses dans le secteur bancaire ont presque doublé en 2025
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Placée sous la présidence du ministre des Finances et du Budget, Essowé Georges Barcola, la première session annuelle du CNC a rassemblé autorités publiques, représentants de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et acteurs du secteur financier. L’instance consacre son action au suivi des flux de crédit, à l’analyse des conditions d’accès au financement et à l’accompagnement de la modernisation des moyens de paiement.

Les projections macroéconomiques présentées lors de la séance restent globalement favorables : la BCEAO anticipe une croissance de 6,5% en 2026, après 6,2% en 2025, portée par les services, l’activité aéroportuaire et les investissements en infrastructures logistiques. L’inflation devrait se situer autour de 1,8%, dans les normes de l’Union monétaire. Les participants ont toutefois signalé plusieurs facteurs d’incertitude pouvant affecter cette trajectoire, notamment les tensions géopolitiques et la volatilité des prix des hydrocarbures.

Dynamisme du crédit et fragilité du recouvrement

Sur le plan des financements, le rapport du CNC souligne la progression des crédits bancaires et le rôle croissant des institutions de microfinance. Les structures de microfinance ont ainsi accordé 340 milliards FCFA en 2025, contre 302 milliards l’année précédente. Parallèlement, le taux débiteur moyen a légèrement reculé, passant de 7,6% en 2024 à 7,4% en 2025, une évolution interprétée comme une amélioration modeste de l’accès au crédit pour les entreprises et les ménages.

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Malgré ces signes positifs, l’augmentation du stock de créances douteuses inquiète le CNC. La hausse du ratio de 7% à 13% sur un an interrompt plusieurs années d’amélioration et met en tension la capacité des établissements à maintenir un niveau de financement durable. Les autorités ont demandé un renforcement des procédures d’analyse du risque et une accélération des dispositifs de recouvrement afin de limiter la propagation des défaillances au système bancaire.

Face aux risques identifiés, le Conseil a appelé à diversifier les sources de financement et à orienter une part plus importante du crédit vers des secteurs jugés stratégiques. Les établissements financiers sont encouragés à développer des produits adaptés au financement des énergies renouvelables pour réduire la vulnérabilité aux chocs pétroliers, ainsi qu’à intensifier les crédits destinés à l’agro-industrie afin de soutenir la transformation locale et la création de valeur sur le territoire.

La digitalisation des moyens de paiement a été présentée comme un levier pour élargir l’accès aux services financiers et mobiliser l’épargne domestique, avec des recommandations pour accélérer l’adoption de plateformes électroniques et renforcer les infrastructures de paiement.

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