Tchad: « un magistrat, un pistolet », condition sine qua non pour la fin de la grève illimitée
Au Tchad, l’appareil judiciaire est paralysé après l’assassinat d’un procureur à son lieu de travail. Les deux syndicats des magistrats exigent des autorités de N’Djamena plus de sécurité dans l’exercice de leurs fonctions.

Au Tchad, l’appareil judiciaire est paralysé après l’assassinat d’un procureur à son lieu de travail. Les deux syndicats des magistrats exigent des autorités de N’Djamena plus de sécurité dans l’exercice de leurs fonctions.
Les magistrats tchadiens sont très en colère. Une colère qui se justifie par l’assassinat d’un procureur à Oum-Hadjer, une ville située au centre du Tchad, par un individu armé d’une arme blanche. Les deux corporations des magistrats du pays, « indignés », ont décidé d’observer une grève illimitée sur toute l’étendue du territoire tchadien.
Les magistrats exigent des conditions de sécurité dans l’exercice de leurs fonctions parce qu’ils estiment vivre dans l’insécurité. Pour les magistrats qui sont encore sous le choc de l’assassinat d’un des leurs, il est hors de questions de reprendre le travail tant que chaque juge n’a pas été équipé d’une arme de poing et que les tribunaux n’ont pas été renforcés par des hommes en armes bien équipés.
Appareil judiciaire paralysé
Au palais de justice de N’Djamena, les magistrats ont rangé leurs toges noires dans les placards depuis lundi 28 juin. Les justiciables tournent en rond, puisqu’ils sont éconduits devant le palais de justice par les agents de sécurité.
En plus d’exiger la dotation de tous les magistrats en armes de poing, les magistrats demandent la poursuite judiciaire contre certains agents de police, la poursuite de Mme le ministre des affaires foncières pour abus de confiance, abus d’autorité et outrage à magistrat.
Pour Taoka Bruno, président du syndicat autonome des magistrats du Tchad, les magistrats tchadiens travaillent dans des conditions très difficiles et avec la peur au ventre. « Aujourd’hui, il y a des personnes incontrôlables, il y a des armes qui circulent, les conditions de travail des magistrats ne sont pas réunies, certains travaillent dans des palais complètement délabrés où les locaux ne sont pas clôturés », a-t-il déclaré. Il ajouteque « son organisation n’a cessez d’alerter les autorités sur les menaces qui pèsent sur les magistrats. Mais le gouvernement n’a pas pris au sérieux »,
Le président du Syndicat des magistrats du Tchad, Moussa Wade Djibrine, déplore le comportement de ses collègues de la Cour d’appel de Sarh, province du Moyen Chari au Sud du Tchad qui n’observent pas cette grève. « Le principe est que tous les magistrats observent un arrêt total de travail puisque c’est notre corps qui est menacé. Mais le comportement isolé de certains magistrats du ressort de la cour d’appel de Sarh ne peut pas entamer la détermination des autres magistrats sur l’ensemble du territoire national a rassuré le président du SMT », explique-t-il.
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