Tanzanie : Human Rights Watch presse les autorités à faire la lumière sur les violences post-électorales
À quelques jours de la remise attendue du rapport de la commission d’enquête — prévue pour le 3 avril — Human Rights Watch monte au créneau. Dans un rapport rendu public le 19 mars, l’ONG accuse des éléments des forces de sécurité tanzaniennes d’un recours excessif à la force, incluant des tirs dirigés contre des personnes qui ne prenaient pas part aux rassemblements du 29 octobre.

Le document ne propose pas de bilan officiel, mais compile des témoignages précis. À Mwanza, dans le nord du pays, des témoins affirment qu’au moins sept personnes ont été abattues sur un marché. D’autres récits évoquent une femme enceinte blessée par balle et un homme tué alors qu’il rentrait chez lui après avoir participé au vote.
Human Rights Watch considère que ces faits relèvent d’un usage de la force non justifié, contraire aux normes internationales sur le recours à la létalité, qui ne doit intervenir qu’en cas de menace imminente pour la vie. L’ONG demande des éclaircissements complets sur ces incidents et presse les autorités de faire preuve de transparence.
Des doutes planent déjà sur la fiabilité du travail de la commission d’enquête. Selon Gerry Simpson, directeur adjoint de la division Crises de Human Rights Watch, la commission n’aurait pas suffisamment recherché le contact avec les familles des victimes pour reconstituer les circonstances des décès ; si cette étape n’est pas menée à bien avant la publication du rapport, une enquête indépendante s’imposerait, affirme-t-il.
Exigences de transparence et responsabilités
L’ONG réclame que toute information disponible soit rendue publique et que les enquêtes établissent clairement qui a ordonné ou commis des violences. Sans un travail rigoureux et une reddition de comptes effective, avertit Human Rights Watch, la confiance dans le processus d’enquête restera compromise.
Pour l’heure, en l’absence d’un bilan officiel et face à ces témoignages accablants, la pression internationale s’intensifie afin que la vérité sur les événements post-électoraux soit établie et que les responsables soient identifiés et poursuivis.
Articles liés
Burkina : la BCEAO augmente l’émission de billets face à une hausse de 27 % de la circulation fiduciaire
Zimbabwe : Tendai Biti arrêté lors d’un rassemblement contre la réforme constitutionnelle
Canada : l’Ivoirien Guy Kwadjo Kouassi expulsé pour crime organisé
Affaire Mohamed Bazoum : l’AES sort les muscles face à L’UE