Sénégal : les Premières Dames lancent la fondation Sénégal Solidaire
La Fondation « Sénégal Solidaire », lancée récemment par les Premières dames Marie Khône et Absa Faye, attire l’attention des milieux politiques et de la société civile, suscitant questions et analyses sur ses objectifs et son mode de fonctionnement.

La Fondation Sénégal Solidaire a été lancée hier à l’hôpital Dalal Jamm de Guédiawaye par les Premières dames Marie Khone et Absa Faye, une initiative qui suscite déjà des débats avec les Patriotes de Pastef, qui y voient un reniement des promesses de rupture. Le projet, présenté comme centré sur la santé, l’éducation et l’appui aux femmes, intervient dans un contexte politique sensible et attire l’attention des acteurs et observateurs.
Présentée comme une structure destinée à impulser des actions sociales, elle est placée sous la responsabilité d’Amadou Dramé, nommé administrateur général. Les promoteurs de l’initiative affirment vouloir offrir un instrument de transformation sociale plutôt que se limiter à des opérations ponctuelles de bienfaisance. Selon l’administrateur général, la volonté affichée est de rompre avec les pratiques en vigueur dans certaines anciennes fondations présidentielles et d’instaurer un dispositif organisé orienté vers des effets mesurables.

Amadou Dramé, administrateur général de la nouvelle structure, a défendu la vocation publique de l’organisation, affirmant vouloir rompre avec les pratiques des fondations précédentes. Il a explicitement pris ses distances avec la Fondation Servir le Sénégal, créée sous l’ancienne Première dame Marième Faye Sall, et a insisté sur la volonté de fonctionnement en tant qu’« institution d’utilité publique ».
Le dispositif présenté comporte un centre de dépistage des cancers, dont l’objectif affiché est de diagnostiquer entre 35 000 et 40 000 personnes par an. Outre la santé, la fondation a annoncé des actions dans les domaines de l’éducation, des bourses d’excellence, des Daaras et des « Maisons de la Femme », ciblant notamment les zones rurales.
Sur le plan politique, plusieurs intervenants ont commenté la portée de l’initiative. Le maire de Guédiawaye, Ahmed Aïdara, et la présidente de la Lisca, Dr Fatma Guenoune, ont souligné l’importance sanitaire et sociale des projets présentés, tandis que la scénographie protocolaire et la communication ont été perçues comme des éléments calculés pour répondre à certaines critiques.
Organisation et réceptions
Le lancement et la présentation publique de la fondation ont provoqué des réactions contrastées au sein des acteurs politiques et sociaux, qui appellent à un examen attentif des modalités de gouvernance et des finalités annoncées; selon Amadou Dramé, l’ambition est de s’éloigner des méthodes des précédentes fondations présidentielles et de mettre en place un cadre visant des résultats mesurables.
La fondation a annoncé des mécanismes de gouvernance présentés comme rigoureux et transparents pour légitimer sa gestion des programmes sociaux. Ces dispositifs incluent des procédures de contrôle interne et des engagements de transparence selon les responsables.
Pour des observateurs, la démarche combine à la fois une réponse à des besoins concrets — dépistage, aides éducatives et appui aux femmes — et une tentative d’affaiblir les accusations de Pastef sur un prétendu reniement des engagements de rupture
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