Sénégal : La Senelec applique une taxe de 1 % sur les paiements en espèces

Depuis le 28 janvier 2026, la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) prélève une taxe supplémentaire de 1 % sur tous les paiements effectués en espèces, une mesure présentée comme un droit de timbre appliqué aux règlements en liquide et exonérant les paiements dématérialisés tels que le mobile money, les virements bancaires ou les paiements par carte.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
Le
Economie
297vues
Sénégal : La Senelec applique une taxe de 1 % sur les paiements en espèces
Publicité
2 min de lecture
Google News

Depuis le 28 janvier 2026, la Société nationale d’électricité du Sénégal (Senelec) prélève une taxe supplémentaire de 1 % sur tous les paiements effectués en espèces, une mesure présentée comme un droit de timbre appliqué aux règlements en liquide et exonérant les paiements dématérialisés tels que le mobile money, les virements bancaires ou les paiements par carte.

La perception de cette taxe en agence ou au guichet interne de Senelec transforme l’entreprise publique en collecteur d’un prélèvement d’origine fiscale : le montant perçu s’ajoute à la somme payée par l’abonné sans modification des tarifs réglementés de l’électricité. Selon les dispositions entrées en vigueur, le calcul du droit de timbre est proportionnel au montant versé en espèces et est appliqué systématiquement depuis la date d’entrée en application.

Inscrite dans un ensemble de réformes fiscales engagées par les autorités sénégalaises depuis 2025, cette mesure vise officiellement à accroître les recettes publiques et à réduire l’utilisation de l’argent liquide dans les transactions du pays. D’autres entreprises et services dits essentiels ont déjà été concernés par des dispositifs comparables au cours des derniers mois.

Publicité

Impacts opérationnels et sociaux

Du point de vue opérationnel, Senelec ne change pas sa tarification de l’électricité : la taxe de 1 % est perçue en sus et n’altère pas le barème réglementaire de l’énergie. Concrètement, un foyer qui règle sa facture en espèces verra le montant total exigé augmenter du montant du timbre, alors qu’un consommateur utilisant un moyen de paiement électronique ne supportera pas cette charge additionnelle.

La mesure soulève toutefois des questions d’ordre social et disciplinaire vis-à-vis de l’économie monétaire informelle : une part significative de la population demeure non bancarisée ou préfère la liquidité pour des raisons d’accès, de coût ou d’habitude. Pour ces usagers, la retenue de 1 % représente une charge financière supplémentaire sur des dépenses courantes, à un moment où le coût de l’électricité reste un élément de préoccupation pour les ménages.

Les autorités ont justifié la démarche par la double ambition d’améliorer la mobilisation des recettes fiscales et de favoriser la transition vers des paiements électroniques. Dans la pratique, plusieurs acteurs du secteur des services publics et privés ont adapté leurs guichets et procédures comptables pour distinguer les paiements soumis au droit de timbre des paiements exempts, entraînant des ajustements dans les systèmes de caisse et de facturation.

Publicité

Les organisations de consommateurs et certains représentants des usagers ont exprimé des réserves sur l’effet redistributif de la mesure, soulignant que les ménages les plus vulnérables supportent proportionnellement une charge plus lourde lorsque les moyens alternatifs de paiement font défaut

La mesure est entrée en application le 28 janvier 2026 et a été rendue publique dans les communications internes et externes des services concernés. Rédaction : Fanuelle YAO — Publié le 29/01/26 16:05

Articles liés

Merci pour votre lecture — publicité