Sénégal : affaire Sonko–Niang, le conflit prend une tournure foncière
Un nouveau contentieux opposant Mame Mbaye Niang à Ousmane Sonko a été engagé au Tribunal de grande instance hors classe de Dakar ; il porte sur une villa située à la Cité Keur Gorgui, après un précédent dossier de diffamation qui s’était soldé par une condamnation devenue définitive.

L’affaire relance une confrontation judiciaire entre l’ancien ministre et le chef du gouvernement, déjà connus pour leurs démêlés antérieurs devant les juridictions sénégalaises. La procédure en cours vise précisément une opération immobilière impliquant la villa de la Cité Keur Gorgui, désormais au cœur du litige. Dans ce nouveau volet, Mame Mbaye Niang formule des accusations d’organisation d’insolvabilité dirigées contre Ousmane Sonko.
Tout remonte à la condamnation d’Ousmane Sonko pour diffamation à l’encontre de Mame Mbaye Niang. À l’issue de la procédure, la justice a infligé au leader politique une peine assortie de dommages-intérêts estimés à 200 millions de FCFA au profit de la partie civile. Malgré les recours introduits, notamment devant la Cour suprême, la décision est devenue définitive après le rejet de la demande de suspension.
Cette condamnation constitue le socle du litige actuel, puisqu’elle ouvre la voie aux procédures de recouvrement engagées par Mame Mbaye Niang.
Le conflit a pris une nouvelle dimension avec l’apparition d’un différend foncier portant sur un terrain situé à la Cité Keur Gorgui, à Dakar. Ce bien immobilier, identifié comme le lot n°R/17 d’une superficie de 264 m², est au centre d’une accusation de « mutation frauduleuse ».
Selon les avocats de Mame Mbaye Niang, ce terrain aurait été transféré au nom de proches d’Ousmane Sonko — notamment ses épouses et enfants — dans un contexte marqué par la condamnation financière. Ils estiment que cette opération viserait à soustraire l’actif à une éventuelle saisie destinée à garantir le paiement des dommages-intérêts.
Du point de vue juridique, cette démarche est interprétée comme une tentative d’organisation d’insolvabilité, ce qui justifie la demande d’annulation de la mutation devant la juridiction compétente.
Une procédure judiciaire toujours en cours
En 2026, un nouveau front judiciaire s’est ouvert avec une assignation en annulation de cette mutation immobilière devant le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar. L’affaire a été examinée une première fois le 2 février 2026, avant d’être renvoyée au 11 février pour permettre aux parties de compléter leurs dossiers.
Depuis, les audiences se succèdent sans qu’une décision sur le fond n’ait encore été rendue. Le dossier a de nouveau été reporté, cette fois au 22 avril 2026, preuve que la juridiction poursuit l’examen des arguments et des pièces présentées.
Parallèlement à ce contentieux immobilier, Ousmane Sonko a engagé une procédure de révision du procès en diffamation. Il invoque notamment un rapport de l’Inspection générale des finances (IGF) qu’il considère comme un élément nouveau susceptible de justifier une réouverture du dossier.
À ce stade, la chambre de révision de la Cour suprême est toujours en phase d’instruction, sans décision définitive. En conséquence, la condamnation initiale demeure juridiquement valide.
En l’état, le différend entre les deux hommes reste marqué par une série de renvois et de procédures parallèles. Ni la question de la validité de la mutation immobilière à Keur Gorgui, ni celle de la révision du procès pour diffamation n’ont encore trouvé d’issue définitive.
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