RDC : près de 2 milliards USD de fonds émiratis pour les infrastructures touristiques
La République démocratique du Congo a été désignée bénéficiaire d’une enveloppe de 1,882 milliard de dollars dans le cadre d’un programme de 6 milliards destiné au développement du tourisme africain, annonce officielle confirmée lors de la 85e réunion du Conseil des ministres, dont le compte rendu a été présenté à la télévision nationale le 3 avril 2026 par le ministre de la Communication, Patrick Muyaya.

Cette allocation, accordée à l’issue du sommet Émirats arabes unis–Afrique consacré à l’investissement touristique, qui s’est tenu à Dubaï du 25 au 29 octobre 2025, place la RDC parmi les principaux pays ciblés par ce mécanisme financier international. Le montant alloué à la RDC représente près d’un tiers du total mobilisé pour le continent.
Les détails du dispositif ont été exposés en novembre 2025 à Dubaï par le ministre émirati de l’Économie et du Tourisme, Abdulla bin Touq Al Marri. L’initiative est portée par un consortium d’acteurs financiers basés aux Émirats comprenant des fonds souverains, des banques de développement et des sociétés de capital-investissement.
Projets congolais retenus et conditions d’accès aux financements
Selon la présentation faite au Conseil des ministres par le ministre du Tourisme Didier Mazenga, quatre projets congolais ont été présélectionnés par les investisseurs. Ils visent la valorisation d’aires protégées, la réhabilitation d’infrastructures touristiques existantes et l’aménagement de corridors facilitant la circulation des visiteurs.
Le premier volet cité concerne l’aménagement d’un circuit touristique interconnectant plusieurs réserves et parcs nationaux, avec des étapes prévues notamment sur le site des mangroves de Muanda et au parc de Kundelungu. Le tracé ambitionne de favoriser l’accès aux zones naturelles tout en structurant l’offre locale.
Un deuxième projet porte sur la modernisation du village touristique de la N’sele, dans l’optique d’améliorer les services d’accueil et les équipements destinés aux visiteurs. Les autorités évoquent des travaux de mise à niveau des infrastructures existantes pour répondre aux standards requis par les investisseurs.
Parmi les autres initiatives figurent la création d’axes de liaison reliant Kinshasa à plusieurs régions du pays, conçus pour fonctionner tant par voie routière que fluviale, et la réhabilitation du site côtier de Kitona. Ces aménagements visent à renforcer la connectivité interne entre sites touristiques et pôles d’activité.
Le financement découle également des annonces faites lors du Future Hospitality Summit à Dubaï à l’automne 2025, où l’initiative a été présentée comme un programme global destiné à développer les infrastructures touristiques, augmenter les capacités aéroportuaires et digitaliser les services pour faciliter les déplacements. Les organisateurs avaient alors avancé des estimations générales, telles que la création de 70 000 emplois directs et l’appel à 3,5 milliards de dollars de financements additionnels pour la région.
Les autorités congolaises précisent toutefois que l’octroi effectif des fonds dépendra de discussions techniques complémentaires. Une feuille de route doit être arrêtée lors d’un prochain rendez‑vous à Nairobi, tandis que les ministères du Tourisme et du Plan travaillent à formaliser les dossiers d’investissement requis.
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