Ouganda : inquiétude sur le sort des douze migrants expulsés des États‑Unis
Douze personnes expulsées des États‑Unis ont été débarquées en Ouganda le jeudi 2 avril 2026, a indiqué l’Ordre des avocats ougandais. Il s’agit du premier envoi connu depuis la signature, en août 2025, d’un accord migratoire conclu entre Kampala et Washington.

Ce texte s’inscrit dans une logique de transferts vers des pays tiers, déjà mise en œuvre antérieurement avec des partenaires tels que le Rwanda, l’Eswatini et le Soudan du Sud. L’objectif affiché est de relocaliser des personnes qui ne peuvent pas — ou ne souhaitent pas — regagner leur pays d’origine.
Du côté officiel, Vincent Bagiire, secrétaire permanent au ministère des Affaires étrangères ougandais, avait précisé que l’accord ciblait des ressortissants de pays tiers « susceptibles de ne pas obtenir l’asile » aux États‑Unis et présentant des réticences au retour. À l’époque, aucun total de personnes attendues n’avait été communiqué : Kampala parlait d’un mécanisme « temporaire » assorti de critères stricts, excluant notamment les mineurs isolés et les personnes au casier judiciaire.
Sur le plan juridique et politique, l’initiative suscite des remous en Ouganda. L’Ordre des avocats du pays a dénoncé le caractère secret de l’opération et annoncé qu’il envisageait de contester la légalité de l’accord.
Des avocats inquiets et des zones d’ombre
Anthony Asiimwe, vice‑président de la Uganda Law Society, a exprimé de fortes réserves. Selon lui, peu d’informations circulent sur l’identité des personnes transférées, leur lieu d’hébergement ou l’institution chargée de leur suivi. Il a demandé que le Parlement soit saisi afin d’assurer plus de transparence et de responsabilité autour de l’arrangement bilatéral.
Aussi, quel statut ces personnes auront‑elles sur le sol ougandais — réfugiés, demandeurs d’asile, ou autre — et quelles mesures d’accueil leur seront garanties ? Pour l’Ordre des avocats, ces questions sont prioritaires car, a‑t‑il rappelé, « ils méritent au minimum d’être traités avec dignité. »
Au 2 avril 2026, les autorités gouvernementales ougandaises n’avaient pas publié de réaction officielle sur l’arrivée de ces douze personnes ni sur la mise en œuvre opérationnelle de l’accord avec les États‑Unis.
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