Niger : Niamey annonce vouloir encadrer et former des groupes locaux d’autodéfense
Le pouvoir militaire à Niamey a annoncé, vendredi 27 mars, son intention de créer des structures locales d’autodéfense destinées à épauler les forces armées dans la lutte contre les groupes jihadistes.

Des groupements d’autodéfense se sont déjà constitués dans plusieurs villages, nés de la nécessité pour les populations de se protéger face aux attaques. L’armée nigérienne, qui jusqu’ici avait laissé ces initiatives se développer de manière informelle, souhaite désormais les organiser et les encadrer.
D’après les autorités, ces nouvelles unités territoriales seront composées de volontaires recrutés parmi d’anciens policiers, gendarmes ou militaires, ainsi que parmi les habitants des zones les plus exposées à l’insécurité. Elles recevront des compensations matérielles et financières, ainsi qu’une formation sur l’emploi de l’armement et un équipement adapté.
Les missions envisagées pour ces groupes incluent des actions de prévention au niveau local, la collecte de renseignements et la défense immédiate de leurs communautés, selon le gouvernement.
Un modèle inspiré des expériences voisines et un contexte marqué par des attaques récentes
Niamey s’inspire d’une démarche similaire mise en place au Burkina Faso, où l’État avait d’abord toléré l’existence de milices avant de lancer un programme structuré de volontaires pour la défense de la patrie. D’après l’ONG ACLED, ces dispositifs burkinabè rassembleraient aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de personnes — un chiffre approchant 90 000 selon leurs estimations.
La décision nigérienne intervient alors que la situation sécuritaire se dégrade dans plusieurs régions. Le 28 février 2026, une embuscade attribuée au groupe État islamique a frappé des miliciens villageois à Anzourou, dans la région de Tillabéry, faisant 25 morts parmi ces auto-défenseurs. Le pays a également été la cible d’une attaque contre l’aéroport de Niamey au début de l’année 2026.
Parallèlement, une série d’enlèvements, y compris dans la capitale, a poussé plusieurs États à rapatrier tout ou partie de leur personnel diplomatique, illustrant la montée des inquiétudes internationales face à l’insécurité au Niger.
Articles liés
Madagascar : la Gen Z dépose une gerbe pour commémorer l’insurrection anticoloniale de 1947
Sénégal : rejeté par l’UA, Macky Sall maintient sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU
Algérie : décès de l’ancien président Liamine Zeroual à 84 ans