#MeToo en France : 3 ans ferme requis en appel contre Christophe Ruggia pour agressions sexuelles sur Adèle Haenel

Le parquet a requis vendredi à Paris une peine de cinq ans de prison, dont trois ans ferme, à l’encontre du cinéaste Christophe Ruggia, poursuivi en appel pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel alors mineure. Les faits qui lui sont reprochés remontent à la période 2001-2004, lorsque la comédienne avait entre 12 et 14 ans. Aujourd’hui âgé de 61 ans, le réalisateur était le metteur en scène du film d’auteur Les diables, qui a donné à l’adolescente son premier rôle au cinéma.

Ousmane Traoré SambaVoir tous ses articles
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#MeToo en France : 3 ans ferme requis en appel contre Christophe Ruggia pour agressions sexuelles sur Adèle Haenel
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Le parquet a requis vendredi à Paris une peine de cinq ans de prison, dont trois ans ferme, à l’encontre du cinéaste Christophe Ruggia, poursuivi en appel pour agressions sexuelles sur l’actrice Adèle Haenel alors mineure. Les faits qui lui sont reprochés remontent à la période 2001-2004, lorsque la comédienne avait entre 12 et 14 ans. Aujourd’hui âgé de 61 ans, le réalisateur était le metteur en scène du film d’auteur Les diables, qui a donné à l’adolescente son premier rôle au cinéma.

Adèle Haenel, désormais âgée de 36 ans et doublement récompensée par un César, a depuis largement tourné le dos au milieu du cinéma. Le film Les diables, qui met en scène la fugue d’un frère et d’une sœur basculant vers l’inceste, comportait des scènes explicites et des gros plans sur le corps de la jeune actrice, éléments qui ont nourri la polémique autour des conditions de tournage et du comportement du réalisateur.

Plusieurs membres de l’équipe du film avaient exprimé à l’époque leur malaise face aux attitudes de Christophe Ruggia envers l’actrice, choisie lors d’un casting à 11 ans. Ces témoignages ont été intégrés au dossier et mis en avant durant les débats, qui font désormais l’objet d’un examen en appel après une première condamnation.

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Les faits reprochés et le contexte du tournage

Les poursuites concernent des agressions sexuelles commises, selon l’accusation, pendant et après le tournage de Les diables. Le film, réalisé par Ruggia et sorti au début des années 2000, mettait en scène des rapports incestueux fictionnels entre mineurs et comportait des scènes de nudité et de sexualité impliquant la jeune actrice. L’enquête a recueilli des témoignages d’adultes présents sur le plateau qui ont décrit un comportement « déplacé » du réalisateur à l’égard de l’adolescente.

Le casting d’Adèle Haenel à l’âge de 11 ans et la nature des scènes tournées ont nourri les débats sur la protection des mineurs en milieu artistique et sur les protocoles encadrant les tournages impliquant des adolescents. Dans le dossier judiciaire, la défense et l’accusation ont notamment confronté leurs interprétations de ces éléments, entre contextualisation artistique et dénonciation d’abus.

Procédure judiciaire et réquisitions en appel

En première instance, Christophe Ruggia avait été condamné à une peine assortie d’un bracelet électronique. Lors de l’audience d’appel qui s’est tenue vendredi à Paris, le ministère public a demandé un durcissement de la sanction, sollicitant cinq années d’emprisonnement dont trois avec mandat de dépôt. L’avocat général Alexis Bouroz a interpellé la cour sur la question de l’ancienneté des faits, déclarant : « Est-ce que l’ancienneté des faits doit être un élément qui vient amoindrir la sévérité de la sanction (…) et justifie qu’il ne connaisse pas l’emprisonnement réel ? »

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Le dossier, marqué par la notoriété des protagonistes et la sensibilité des faits, reste au centre de l’attention judiciaire. Les débats en appel doivent évaluer tant la crédibilité des témoignages que la proportionnalité de la peine, à la lumière des éléments recueillis pendant l’enquête et des précédents prononcés en première instance.

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