Menaces tarifaires de Trump : «guerre économique» pour la ministre française déléguée aux Armées
Intervenant sur France 3, la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, a vivement critiqué les pratiques économiques des États-Unis, qu’elle qualifie de «coercition». Selon elle, certaines mesures prises par Washington relèvent d’une volonté d’imposer une politique étrangère par la rétorsion financière et économique, au point de constituer, selon ses mots, «une forme de guerre économique».

La ministre dénonce une “coercition” américaine
Intervenant sur France 3, la ministre déléguée aux Armées, Alice Rufo, a vivement critiqué les pratiques économiques des États-Unis, qu’elle qualifie de «coercition». Selon elle, certaines mesures prises par Washington relèvent d’une volonté d’imposer une politique étrangère par la rétorsion financière et économique, au point de constituer, selon ses mots, «une forme de guerre économique».
La responsable a estimé que l’utilisation de sanctions et d’outils économiques pour faire pression sur d’autres pays dépasse le simple domaine des relations diplomatiques et s’apparente à une instrumentalisation de l’économie au service d’objectifs géopolitiques. Elle a en particulier dénoncé le paradoxe de voir des alliés punis pour des choix politiques qui, en apparence, ne contredisent pas les priorités américaines mais traduisent des divergences d’approche, notamment sur l’engagement dans l’Arctique.
Contexte: sanctions, extraterritorialité et enjeux arctiques
Le terme de «ré torsion économique» renvoie à des mécanismes bien connus de la gouvernance mondiale contemporaine : sanctions ciblées, gels d’avoirs, restrictions d’accès aux marchés financiers ou menaces de sanctions secondaires visant les entreprises et États tiers. Ces instruments, parfois appliqués de manière extraterritoriale, sont souvent présentés par leurs initiateurs comme des outils de sécurité ou de défense des droits, mais suscitent des critiques sur leur portée et leurs conséquences.
L’évocation de l’Arctique par Mme Rufo illustre un champ stratégique récent où les intérêts économiques et sécuritaires se croisent : routes maritimes plus courtes du fait de la fonte des glaces, réserves de ressources naturelles, et renforcement de la présence militaire et commerciale. Pour la ministre, sanctionner des partenaires qui cherchent à «plus s’engager dans l’Arctique» est paradoxal et contre-productif, car cela punit des alliés tout en poursuivant des objectifs géopolitiques similaires à ceux des États-Unis.
Conséquences internationales et portée pour l’Afrique
Les critiques d’Alice Rufo trouvent un écho international : l’emploi d’outils économiques coercitifs a des retombées globales, y compris pour les pays africains. Les économies du continent, souvent dépendantes des investissements étrangers, des exportations de matières premières et des financements internationaux, peuvent voir leurs projets et partenaires contraints par des régimes de sanctions ou par la peur de sanctions secondaires.
Au-delà des effets immédiats sur des contrats ou des entreprises, la normalisation de la «guerre économique» modifie les équilibres diplomatiques et pousse certains États à diversifier leurs partenariats, à rechercher des systèmes de paiement alternatifs ou à réévaluer leurs choix stratégiques. La position de la ministre souligne donc une interrogation plus large sur la légitimité et l’efficacité de la coercition économique comme instrument de politique internationale.
Interrogation et débat se poursuivent sur l’opportunité d’encadrer ces pratiques au plan multilatéral afin de préserver la souveraineté des États et la stabilité des échanges mondiaux.
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