Mauritanie : reprise prévue des négociations en vue du dialogue national

À Nouakchott, les pourparlers préparatoires autour d’un éventuel dialogue national reprennent le 6 avril 2026, réunissant les représentants de la majorité présidentielle et deux coalitions de l’opposition. Les échanges, entamés ces dernières semaines, butent principalement sur la question du nombre de mandats présidentiels.

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Mauritanie : reprise prévue des négociations en vue du dialogue national
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La reprise officielle de ces concertations est programmée pour lundi 6 avril 2026 à 11h, mais le climat reste tendu : dans la capitale, des manifestations contre la hausse du coût de la vie pèsent sur l’atmosphère politique alors que les politiques tentent de relancer le dialogue.

Les réunions se tiennent au Palais des Congrès, fortement sécurisé, où l’équipe en charge des discussions cherche à débloquer la situation. Moussa Fall, coordinateur du processus, a pour mission prioritaire de trouver un compromis sur la durée et le nombre des mandats présidentiels, point qui a provoqué la suspension des négociations la semaine précédente.

Opposants et responsables du pouvoir s’accusent mutuellement : l’opposition dénonce une volonté de modifier la Constitution pour ouvrir la voie à un troisième mandat, tandis que la majorité rejette ces affirmations, les qualifiant d’accusations infondées. Parallèlement, des voix critiquent le caractère partiel et non inclusif du dispositif de concertation.

L’engagement direct du président

Pour tenter de relancer le processus, le président Mohamed Ould Ghazouani est intervenu en personne, multipliant les rencontres avec les leaders politiques. Réélu en 2024 pour un second mandat, il a cherché à apaiser les tensions en menant des consultations bilatérales avec différentes formations.

Au sein du parti au pouvoir, l’Insaf, les responsables assurent qu’aucune révision constitutionnelle visant à permettre un troisième mandat n’est à l’ordre du jour. Ils présentent le dialogue comme une opportunité de renforcer la cohésion nationale et d’aborder des sujets de gouvernance, notamment la lutte contre la corruption.

De leur côté, les partis d’opposition veulent que le processus inclue des garanties sur la transparence des futures élections et la reconnaissance — voire la réparation — des préjudices subis lors des violences interethniques de 1989 et 1991, qui ont affecté de nombreuses communautés, notamment les Négro-Mauritaniens.

Certaines organisations, parmi lesquelles la Refondation pour une action globale (RAG) portée par Biram Dah Abeid, ont choisi de boycotter les assises, dénonçant un cadre qu’elles jugent incomplet et peu représentatif des différentes sensibilités politiques et sociales.

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