Mali: une famille italienne et un Togolais enlevés par « des hommes armés » dans le sud-est

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Un couple d’Italiens et leur enfant ainsi qu’un ressortissant togolais ont été enlevés « par des hommes armés » dans le sud-est du Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso.

« Des hommes armés ont procédé jeudi dans la nuit à l’enlèvement de trois ressortissants italiens et d’un Togolais (…) Nous faisons tout pour obtenir leur libération », a déclaré vendredi à l’AFP une source sécuritaire malienne qui a requis l’anonymat, précisant que l’enlèvement a eu lieu dans la localité de Sincina (sud-est). « Ce sont des religieux. Nous faisons tout pour obtenir leur libération, et nous avons des contacts diplomatiques », a ajouté cette source.

En soirée, le ministère italien des Affaires étrangères a confirmé « l’enlèvement de trois compatriotes au Mali ». Il a assuré qu’il mettait « tout en œuvre » pour trouver une issue positive à cette affaire, tout en soulignant, « en accord avec les membres de la famille, la nécessité de maintenir la plus grande discrétion ». Auparavant, il avait indiqué que le chef de la diplomatie italienne, Luigi Di Mario, suivait « personnellement les développements de cette affaire ».

La localité de Sincina est située à une centaine de kilomètres du Burkina Faso, pays où plusieurs Occidentaux ont été kidnappés ces dernières années. Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des mouvements armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique.

De son côté, un élu local de la région malienne de Koutiala, interrogé sous le couvert de l’anonymat, a déclaré que « des hommes armés à bord d’un véhicule ont enlevé (jeudi soir) trois ressortissants italiens et un Togolais à une dizaine de kilomètres de Koutiala ».

Selon ces sources, cet enlèvement concerne « deux Italiens et un enfant » et un ressortissant togolais, appartenant tous selon ces sources au mouvement religieux des Témoins de Jéhovah.

Enlèvements courants au Mali

Les enlèvements sont courants au Mali, et leurs motivations peuvent être diverses (crapuleuses, politiques, etc.). Dans la plupart des cas, les conditions et circonstances de libération des otages ne sont jamais connues ou clairement établies.

Ce pays sahélien est le théâtre depuis 2012 d’attaques menées par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda et à l’organisation Etat islamique, ainsi que de violences de toutes sortes perpétrées par des milices autoproclamées d’autodéfense et des bandits. Ces violences, parties du nord en 2012, se sont propagées au centre, puis au Burkina Faso et au Niger voisins. Elles ont fait des milliers de morts civils et militaires ainsi que des centaines de milliers de déplacés, malgré le déploiement de forces onusiennes, françaises et africaine.

Le Français Olivier Dubois, journaliste indépendant de 47 ans vivant et travaillant au Mali depuis 2015, a été enlevé au Mali il y a plus d’un an. Il avait lui-même annoncé son enlèvement dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 5 mai 2021.

Il y expliquait avoir été enlevé le 8 avril précédent à Gao (nord) par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, ou Jnim en arabe), principale alliance jihadiste au Sahel, liée à Al-Qaïda et dirigée par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly. Le 13 mars dernier, une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux, montrant un homme qui semble être le journaliste français et qui s’adresse à ses proches et au gouvernement français.

Outre Olivier Dubois, plusieurs autres otages occidentaux sont détenus au Sahel. Leur entourage ou leur gouvernement choisissent parfois de ne pas communiquer sur les enlèvements. Et ceux-ci ne sont pas systématiquement revendiqués par leurs auteurs.

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